Woodkid sublime l’automne

Woodkid est de retour – surprise – avec S16, son (seulement) deuxième album. Le grenoblois avait manqué et ces nouvelles compositions, belles et intenses, complètent parfaitement sa discographie. Et apportent une belle couleur de nostalgie grandiloquente à cet automne.

Si je vous dis Tinguely, barbe, narrations superposées, percussions, expérimentations minimalistes, violons, émotions haletante, à quoi cela fait-il penser? C’est simplement le résumé du nouvel album de Woodkid, sept ans avant le premier, qui peut faire cohabiter un chœur d’enfants de Tokyo (Reactor), un orgue en crystal (le Cristal Bachet, conçus par les frères Bernard et François Baschet dans les années 60) et créer des images à partir de sons.  Woodkid l’a fait, et avec brio. Celui qui est aussi réalisateur s’est inspiré du secteur industriel pour créer ces 11 nouvelles chansons.  

Ambiance à la James Bond (In your likeness), voix hypnotisante tout en nuances qui jongle entre les octaves (Ennemy), rythmes hypnotiques (Highway 27, Drawn to you), piano et cordes, longs morceaux linéaires, le nouvel album de Woodkid regorge de beauté et de modernité. Les premiers singles, Goliath et Pale Yellow, avaient déjà mis en place une atmosphère enveloppante, aux rythmes répétitifs et métalliques – il a enregistré le bruit des machines du suisse Jean Tinguley lors d’une rétrospective à Amsterdam – ou accords émouvants, comme on les appréciait déjà. On avait été subjugué par l’univers de Woodkid dans son premier album. Même ses concerts plongeaient le public dans un autre monde, une vraie histoire.

Le reste de l’album reste dans cette veine qui mélange les ambiances et les sentiments. A la pop grandiose de ‘Golden Age’ (2013), ici l’intime et le ténébreux composent des morceaux bouleversants et exigeants, à l’image des compositions de Steve Roach ou Philip Glass dont il est un admirateur. Pourtant Yoann Lemoine n’avait pas arrêté le travail depuis, il a notamment sonorisé les défilés des collections de Nicolas Ghesquière pour Louis Vuitton.

Certains morceaux ont été composés après les attentats de Paris, d’autres dans des périodes de doute. Et cela se ressent. La dimension symphonique des morceaux apporte une grande émotion, parfois lourde et oppressante, parfois triste et mélancolique, voire douloureux. Ces sensations se mélangeant souvent dans un même morceau, laissant une impression haletante à la première écoute. S’il reprend les codes qui ont fait le succès du français, cet album regorge de profondeur avec des arrangements qui donnent toujours autant de frissons à celui qui écoute. Enorme coup de cœur ! 

Ecouter en priorité In your likenessHorizons into battlegrounds et Ennemy. Ou la reprise de Francis Cabrel sur France Inter – profondeur et douceur exquise, avec un petit accent charmant

Afin de faire vivre sa musique au-delà de l’album, Woodkid a également créé différentes plateformes digitales et des extensions sur les réseaux sociaux dont un faux site d’extraction de minéraux, Adaptative Minerals. Ce jeu en réalité alternée permet de se plonger dans les secteurs de l’industrie dans lesquelles il a puisé son inspiration, sans passer par les canaux de communication usuels.

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