Consommer moins mais mieux : twister ses tenues d’été pour l’automne

Qui n’a jamais espéré pouvoir prolonger les vacances en portant une robe fleurie en novembre ?

Robe = H&M, foulard pour cheveux = Burberry, boucle d’oreille asymétrique = Kimai, boucles d’oreille = Roger Vivier, bague = Be maad, jupe = J.Crew, bonnet = Karl Lagerfeld, combi-short = Mango (2019), vernis = OPI Milan collection 2020 « Have Your Panettone and Eat it Too » (orange) & « This Color Hits all the High Notes » (blanc)

Mo(n)de d’après

Alors que la mode doit se réinventer en raison de la pandémie (shows en petits comités*, mises en scène qui respectent la distanciation** ou entièrement digitaux***) ou de l’impact environnemental (Coach réutilise des matériaux des précédentes collections pour en proposer une nouvelle et limiter le gaspillage de ressources), les marques décident de se diversifier, car le cocooning et la décoration d’intérieur ont la côte !

Alors que les décennies 40’s, 50’s et 90’s sont au cœur des tendances de cet automne, on peut se demander si la « mode d’après » ne ressemblerait pas fortement à celle « d’avant »…Toutefois, il existe des initiatives plus vertes, plus inclusives et plus sensées depuis quelques mois.

Le confinement est passé par là et le confort de son chez-soi a marqué tout le monde. Dioramour, c’est le nom d’une collection de décoration de la maison Dior qui comprend service à thé, carnets, bougie et coussins en toile de Jouy. Si la marque proposait déjà des bougies, elle étoffe encore son univers pour la maison. Une autre maison parisienne, Balmain, collabore avec  Cire Trudon pour créer une bougie. Deux versions sont disponibles: 270 grammes ou 2,8 kg ! De quoi réchauffer les soirées d’automne qui se profilent. Elles sentent le bois de cèdre, le cigare et la rose. Et si le charme baroque italien est votre tasse de thé, Versace a réalisé papiers peints avec ses motifs iconiques. Peut-être vaut-il mieux faire appel à un professionnel pour poser cette tapisserie de luxe… Des options plus abordables sont aussi de la partie. H&M et le British Museum ont collaboré pour créer une collection de vases, coussins, vaisselle et petites décorations fleuries et so british ! Dévoilée mi-septembre, elle devrait régaler les fans de motifs intemporels et classique.

Côté vêtements, pour son défilé, Dior a choisi de présenter une collection de vêtements confortables; pantalons amples, robe-pull, etc. Grâce à l’option «COS Resells», lancée par COS, une des sous-marques d’H&M, les clients pourront revendre leurs vieux vêtements de la marque en ligne ce mois en Allemagne et au Royaume-Uni. Zalando propose depuis cette semaine en Allemagne et en Espagne une rubrique «pre-owned» où l’utilisateur peut envoyer gratuitement les vêtements usagés à Zalando contre des crédits à faire valoir sur la plateforme ou pour en faire don à des organisations d’aide.

Les défilés marchent vers une nouvelle ère

Les mastodontes français que sont Dior, Chanel et Louis Vuitton avaient promis des événements physiques, plutôt intimistes. Notons que les maisons telles que Gucci, Saint Laurent ou Bottega Venetta avaient déjà annoncé qu’elles ne participeraient pas aux festivités des Fashion Weeks de septembre. Une manière de réorganiser le calendrier qui proposait le nombre faramineux de six collections (deux saisons femme, deux saisons homme, une pre-fall et une croisière) par année ? Afin de limiter le gaspillage au maximum, certaines marques choisissent que chaque pièce sera produite en nombre limité (Burberry, Coach) et sera ensuite vendue directement à l’issue du show, dans la limite des stocks.

Depuis quelques temps, les cuirs exotiques sont aussi abandonnés (une enquête du NYTimes revient dessus). Burberry, Versace, Mulberry ou Prada avaient déjà pris cette décision avant la pandémie, pour limiter le trafic d’animaux. Parmi d’autres initiatives vertes, le Coq Sportif lance une collection 100% végétale, fabriquée à partir de résidus de raisin (non utilisés, après extraction des jus pour la production du vin ou de la grappa) et de liège. Pionnière dans le mode durable, Stella McCartney, elle, propose une première collection unisexe et Nike a créé une gamme pour femmes enceintes. Autre signe que les temps changent, Fendi a fait défilé hommes et femmes de tous âges et de toutes origines ensemble. Ou simple solution pour palier à l’absence des stars des podiums à cause de la pandémie ?

*Max Mara, Jason Wu, Versace (septembre)

**Jacquemus, Balmain (printemps)

*** Burberry, Missoni (septembre), Gucci, Dior (printemps)

Coups de coeur automnaux et cocooning

La collection ‘soft edit’ de Mango a tout pour plaire : de la douceur, du cosy, du chic et du confortable, pour la maison et au dehors. Les pièces, modernes et minimalistes, se combinent entre elles pour des tenues sophistiquées mais toujours simples. Le plus, elles se mixent aussi avec d’autres intemporels de la garde-robe (jeans, jupe ou pantalon noir, chemise blanche, baskets ou escarpins). Enorme coup de cœur pour débuter l’automne!

Et puisque je suis une inconditionnelle de Jacquemus, je ne résiste pas à ajouter deux accessoires – les boucles d’oreille Mini-Chiquito et le sac Bambino – de la nouvelle collection que je préfère!

Collection Soft Edit, Mango / idées de boucles d’oreille, Gorjana

Et si on s’habillait de manière durable #2?

Après une première sélection de marques à faible empreinte carbone, en voici une deuxième! Car être chic tout en respectant la planète est de plus en plus facile.

Sélection pour faire son shopping hors des sentiers battus de la fast-fashion, en toute bonne conscience :

  • Round River – Marque suisse de maillots de bain conçus à partir de bouteilles en PET récupérées dans la Limmat. Ecologique et local, quoi de mieux?
  • Parisienne et alors – Du made in France et des matières responsables pour cette marque qui propose régulièrement de nouvelles collections (capsules de 25 pièces) abordables (selon les ventes). On dit oui 🙂
  • Bizance Paris – Du coton bio, du polyester recyclé et des fibres naturelles pour un vestiaire moderne à prix alléchant, produit en France. Les imprimés sont top et déclinés en plusieurs pièces intemporelles pour que chacune y trouve son compte.
  • Nénés Paris – De la lingerie et des maillots de bain écoresponsables. La marque française propose aussi quelques robes, combinaison et short, le tout dans des tissus naturels, avec une petite touche Brigitte Bardot.
  • A.Au – Etant très attirée par les motifs wax, cette marque nigériane me plaît particulièrement. En plus de ces découpés originaux, les vêtements invitent au voyage grâce aux couleurs chaudes. A.Au reverse 10% du prix de vente à des organisations pour l’éducation dans le pays.
  • Maison Alfa – Des vêtements qui revalorisent des textiles (upcycling) dans une ambiance chic et rétro!
  • Kimai – des bijoux modernes (beaucoup de boucles d’oreille asymétriques à combiner entre elles selon ses goûts) et éthiques, créés en Belgique. La marque n’est pas bon marché, mais l’or et les diamants sont de sources transparentes (l’or est recyclé d’anciens bijoux et les diamants sont créés en laboratoire pour un résultat similaire aux pierres naturelles). La responsabilité n’a pas de prix!

Pas encore trouvé votre style? Le site SloWeAre référence de nombreuses marques éthiques et durables.

Et sinon, une initiative très chouette à Genève, pour louer des robes de créateurs le temps d’un événement: Girls gown bad, propose des tenues de rêves pour différentes occasions, avec un renouvellement selon la saison (et il est même prévu de vendre certaines pièces afin de pouvoir en proposer de nouvelles! si ça se n’est pas de la bonne affaire mode ET durable!?)

Achète-t-on pour la marque ou pour le créateur?

Alors que Miuccia Prada prépare sa (lointaine, pour le moment) succession en nommant Raf Simmons co-directeur de la marque italienne, une question se pose : comment une marque peut-elle survivre à son créateur? Les acheteurs aiment-ils le prestige d’une marque ou la créativité du styliste?

Kering a annoncé un revenu de 9.628 million d’euros en 2019. La marge de la marque est de 11% par rapport à l’année précédente. En 2018, la progression avait été de 28% par rapport à 2017. Le styliste, Alessandro Michele, y est clairement pour quelque chose, mais les fashionistas achètent-ils pour lui ou pour la marque? S’il a repris un certain nombre de codes de la maison – le double G, les couleurs rouges et vertes, le monde équestre, etc. – il a aussi réussi à insuffler un nouveau vent sur les collections – des blousons streetwear, des cuissardes monogrammées, beaucoup d’accessoires (chaussettes, collants et foulards) ou des nouveaux it-bags intemporels, entre autres.  Autre exemple, Hedi Slimane. Le couturier français avait déjà remis au goût du jour la marque YSL en la rebaptisant Saint Laurent et en proposant de nouvelles pièces que tout le monde a voulu porter, devenant des basiques de la garde-robe de toutes les filles de la planète (en premier lieu, les pantalons slim !). Chez Céline, où il est DA depuis 2018, il était attendu au tournant. Fera-t-il du Hedi Slimane ou suivra-t-il la voie de Phoebe Philo ? Le monde de la mode a été partagé par sa première collection « trop-YSL-pas-assez-Céline », trop lui-même surtout. Pourtant, LVMH, le propriétaire de la marque, l’a nommé pour relever les chiffres de la maison, avec l’espoir qu’il réitère son succès passé. Depuis, il a dépoussiérer la figure de la bourgeoise (thème cher à la maison), a créé une ligne de parfums, a enlevé l’accent du E pour plus de clarté graphique et a insufflé des détails qui lui sont importants dans ses vêtements. Le déploiement de boutiques Céline continuera sans doute à faire progresser les résultats de la marque. LVMH reste le leader dans les produits de luxe, avec un chiffre d’affaires en augmentation (croissance organique de 17 % de ses ventes en 2019).

Anthony Vaccarello, qui a repris la suite d’Hedi Slimane chez YSL, a décidé de perpétuer les codes chers à la maison parisienne. Il est parfois difficile de faire la différence avec les vêtements dessinés par son prédécesseur tant la rupture est mince. Il reprend par contre allègrement dans les archives, par exemple avec sa collection inspirée du cirque.  Les chiffres sont aussi au beau fixe, + 19% en 2018 et +14% en 2019. Le revenu de la maison a doublé en quatre ans, note le rapport annuel de Kering. La venue de Virgil Abloh chez Louis Vuitton Homme a aussi permis de continuer à surfer sur le succès de l’ancien DA de Kanye West. La multiplication de ses collaborations (notamment IKEA) a montré que son nom compte pour le public et fait vendre.

Talents à suivre

Et que dire d’Olivier Roustaing, qui a remis à flot Balmain ? S’il quitte, un jour, la maison, deviendra-t-il le styliste à suivre dont le nom deviendra une marque à part entière ? Sa collection de rouges à lèvres avec L’Oréal et celle de maquillage en collaboration avec Kylie Jenner donnent déjà un début de réponse…, mais la question reste ouverte et elle pourrait aussi concerner Daniel Lee (actuellement chez Bottega Veneta où il fait des merveilles), Nicolas Ghesquière (DA de Louis Vuitton après être passé par Balenciaga) ou Phoebe Philo qui n’a toujours pas réapparu sur le devant du podium…

De son côté, Jean-Paul Gauthier a tiré sa révérence, mais pas sa marque. Il innove en proposant un concept inédit : un artiste sélectionné par saison. A voir si ce choix sera suivi par les fans de la marque ou si cela convaincra les passionnés de mode. L’étiquette du vêtement aura-t-elle plus d’importance que le nom de son designer ? Affaire à suivre aussi du côté de Givenchy après le départ de Clare Waight Keller et l’arrivée de Matthew M. Williams…

Pari pas toujours réussi

Si l’univers de Jérémy Scott colle plutôt bien à celui de Moschino, nommer un couturier star n’est pas forcément gage de succès. En 1996, Alexander McQueen rejoint Givenchy. Le prodige britannique est vu comme le messie, mais sa première collection sur le thème des divinités (bien que je la trouve absolument magnifique) décevra. Pourtant c’est celle qui lui ressemble le plus de son passage français. A trop vouloir se plier aux contraintes et aux attentes, l’anglais se perdra et retournera s’occuper exclusivement de sa propre marque. Comme quoi, une alchimie doit se créer entre une institution et la personne à sa tête. Mais le prestige d’une marque joue un grand rôle dans ses ventes tout comme la créativité de celui qui créé les collections. Plus encore, si les créations répondent à la demande des acheteurs.

A lire : The great fashion designers : from Chanel to McQueen, de Brenda Polan et Roger Tredre

Tout ce que j’aime porter en été

Devant ma penderie, pour choisir des vêtements pour aller travailler, dans l’air déjà chaud du matin, je me suis rendue compte que je n’aimais pas m’habiller durant l’été, car rien n’est plus confortable qu’un short et un top léger, glissé à l’intérieur, pour supporter la chaleur. Voici qui explique que je fasse peu de shopping à cette saison. Sélection des basiques que je porte non-stop en période estivale ainsi que quelques accessoires qui s’y associeraient parfaitement.

Médaille = Maje, mule = Jimmy Choo, espadrille = Castañer, créoles = Mango, ceinture = Zara, lunettes = Emmanuelle Khanh, bague = Be maad, sac = Jacquemus, boucle d’oreille conch = Chichi Castelnango

Le sac le plus simple du monde est le it-bag de l’été + autres futilités estivales

Voici les news indispensables à toutes conversations estivales futiles. C’est cadeau!

Le sac de plage en raphia fait partie des indispensables de l’été. Souvent grand, il est léger, pratique, facile à porter grâce à ses anses et sa couleur se marie avec n’importe quelle tenue ou linge de bain. Bref, c’est l’objet qui résume assez bien une journée à la plage. La plupart des commerces en proposent à tous les prix et dans toutes les tailles. Et donc, quasiment tout le monde en possède un. Avec chance, les créateurs ont décidé que ce sac serait un des éléments forts de cet été 2020. Et on applaudit avec joie, car, pour une fois, pas besoin de se ruiner pour être in. Enfin, si vous en avez envie – et les moyens – certaines marques ont créé le leur: Loewe et Chloé en proposent avec des empiècements en cuir, très chic. Chanel en avait proposé il y a quelques années et le vintage est toujours à la mode 😉 (et il reste toujours le Baci de Jacquemus, pour une version plus couture/XXL/mini/fun (rayer la mention inutile)).

Et sinon, quoi de neuf?

Pendant le semi-confinement, vous vous êtes mis au sport et vous avez fait des économies? Louis Vuitton a tout prévu pour votre revenge shopping: des accessoires sportifs griffés. On y trouve des altères, des raquettes de tennis ou de ping-pong et même une corde à sauter monogrammés. Mais est-ce vraiment chic?

Pour la plage, Chanel a présenté (lors de sa collection croisière, en vidéo) des tongs couture. Oui, oui, les deux termes peuvent être associés…mais on ne l’avait jamais imaginé…et notons que la collection est durable et créée à partir de chutes de tissus.

Et si on veut du durable pour son chez-soi? Depuis la création du label il y a 15 ans, American Vintage a accumulé un stock considérable de chutes de tissus et d’anciennes collections, comme la plupart des marques. Pour réduire le gaspillage – considéré comme l’un des principaux fléaux de l’industrie  la griffe s’est jointe à une association de femmes tisseuses du Moyen Atlas, au cœur du Maroc. Le but ? Revaloriser les chutes de tissus de ses précédentes collections, en les transformant en tapis boucherouite. Historiquement, ces tapis étaient confectionnés pour isoler du froid les habitations berbères. Le tapis boucherouite est composé de morceaux de tissus usés ou anciens, noués les uns sur les autres, dont naissent des motifs géométriques et abstraits très colorés.Pour le printemps, la marque American Vintage s’est associée à une coopérative de femmes tisseuses du Moyen Atlas, au Maroc, pour donner une seconde vie aux vêtements et aux chutes de tissus invendus. Ces tapis boucherouite upcyclés uniques, signés American Vintage, seront vendus sur le site de la griffe depuis le 26 mars dernier avec des prix commençant à 350 euros. 

On continue dans l’univers de la décoration d’intérieur. Versace, connu pour ses imprimés flamboyants et rococo, ajoute une corde à son arc. La marque italienne propose ses motifs phares sur des papiers peints. A recommander à ceux qui on un ameublement minimalisme…sinon on ne distinguera plus rien entre les meubles et les murs…pour d’autres styles, Sézanne et d’autres marques ont créé leur propre collection home.

Et pour ceux qui aurait une âme d’artiste, on se penche sur la collaboration du printemps: c’est déjà la troisième entre la maison de couleurs genevoise Caran d’Ache et le styliste britannique Paul Smith. Après les stylos, voici la boîte – toute en sobriété – de six crayons aquarelles reprenant les couleurs pastels chères au couturier (on remarque rapidement un magnifique vert menthe, par exemple).

A lire: futilités d’automne 2019

mode & nourriture

Les collaborations ont le vent en poupe. Les dernières mélangent les genres et se tournent vers le domaine culinaire. Souvent chic, mais pas toujours pour le meilleur…

A Genève, pendant le mois de mars, le chausseur Jimmy Choo présente sa nouvelle collection de souliers-à-tomber à l’Hôtel Beau-Rivage, avec un afternoon tea (35.- par personne) inspiré de ses créations. En 2017 déjà, Cartier s’associait au pâtissier Christophe Michalak et ouvrait un tea-room éphémère dans sa boutique de la rue du Rhône, à Genève.

Toutefois, tout cela n’est pas toujours d’aussi bon goût… en février, la marque streetwear Supreme a annoncé un partenariat avec les produits Oreo. Sur les images, le célèbre biscuit se pare de rouge, couleur de la marque. A quelques jours d’intervalles de cette annonce, un autre duo improbable a vu le jour : Crocs et KFC, pour des sandales au parfum de poulet…pour le glamour, on repassera !

Autre annonce, autre style : le joaillier Tiffany ouvre un café (Blue box Café) dans le magasin Harrod’s de Londres. So chic.

Mode et pop-culture: pari gagnant

Après un jeu d’arcade, le maroquinier se différencie de la concurrence grâce à la pop-culture, passée et présente.

On se retrouve en pleine « fashion geek » ! Depuis novembre passé, Louis Vuitton permet aux joueurs du jeu-vidéo League of Legends d’habiller leurs personnages avec des créations de la marque de luxe française. Bien entendu, ces vêtements existent dans la vraie vie et il est possible d’acheter ces produits via la même plateforme (tiens, tiens, n’avons-nous pas déjà vu cela quelque part ?). De nouvelles tenues, dessinées par Nicolas Ghesquière, le Directeur artistique de la marque, devraient être disponibles durant le premier semestre de 2020.

Mais le styliste n’en est pas à son coup d’essai dans le monde de la fiction. Pour sa campagne 2020, il a mis en scène ses effigies (Alicia Vikander, Léa Seydoux ou Emma Roberts, entre autres) dans des décors rappelant des livres fantastiques des années 1980 (on sent l’influence de la réussite de Stranger Things, non ?!). Sur ces fausses couvertures, se côtoient les vêtements, mais aussi de mystérieuses créatures, des maisons hantées, des couleurs fluo propres à cette décennie ou des légendes flippantes, le tout dans une ambiance horrifique et rétro.

Séduire les millenials

Il faut croire que cette manière de séduire les clients – plutôt jeunes et connectés – rencontre le succès, car d’autres maisons de luxe se prêtent au jeu. Pour Gucci, par exemple, c’est sous la forme d’une application mobile au design pixellisé vintage. Ralph Lauren, lui, invite à découvrir sa collection printemps 2020 avec une affiche rappelant un roman de gare à l’eau de rose, avec photographies nostalgiques et couleurs sépia.

Du neuf avec du vieux

Fin 2019, Virgil Abloh a déclaré que c’en était fini du streetstyle. Mais le style néo-bourgeoise revient sur le devant de la scène, avec des touches seventies. La mode est cyclique, on le sait, mais elle n’a jamais autant aimé ces icônes…remises au goût du jour. Preuve à l’appui :

Le sac Baguette de Fendi (1997) – Il tient son nom, car il peut se porter sous le bras, tel une baguette de pain. Véritable nouveauté pour l’époque, ce sac se parait de tous les tissus possibles, comme le denim. Il a été copié et vu sur toutes les stars de la fin des années 1990 et début du vingt-et-unième siècle et il fait son grand retour en 2019. Et on l’a de nouveau vu partout, dans toutes les couleurs et toutes les matières. Il restera donc une icône.

Le sac 30 Montaigne de Dior (1946) – Après avoir ressorti le Saddle Bag, Maria Grazia Churi s’attaque à un autre emblème de la maison Dior : le 30 Montaigne. Ce septuagénaire se pare de nouvelles couleurs, de nouveaux motifs et se fond pile-poil dans la tendance actuelle (il fait d’ailleurs penser à la forme du nouveau-venu de chez Louis Vuitton, le Dauphine).

Parfum Chance de Chanel – Il ne s’agit pas à proprement d’une réinterprétation, mais la marque a commercialisé une nouvelle version innovante de son parfum, sous forme de crayon. Oui, un parfum solide, rangé dans une petite boîte à glisser dans son sac à main ou sa valise. De plus, il se décline en trois autres versions inédites (Eau Tendre, Eau Vive et Eau Fraîche, en plus de Chance).

Imprimé jungle de Versace (2009) – Il y a dix ans, Jennifer Lopez cassait Internet avec sa robe exotique et très décolletée. Fin 2019, elle a porté une version remaniée de cette icone pour fêter cet anniversaire. La nouvelle campagne de la marque reprend ses codes à succès : J-Lo ainsi que des imprimés verts et feuillus.

Le mini-chiquito de Jacquemus (2019) – Alors oui, le sac riquiqui du créateur français n’a qu’une année, mais au vu de son succès, celui-ci a été réinventé sous forme de…bijou ! En effet, les mini-mini-mini sacs se font breloques et s’accrochent à un collier ou à un bracelet. La folie autour de cet accessoire n’est pas prête de se tarir…

Oasis (1990’s) –L’ex-chanteur de One Direction, Louis Tomlinson, débute lui aussi une carrière en solo. Avec sa première chanson Walls, on se dit rapidement qu’elle ressemble à autre chose. Normal, le morceau reprend des samples de Stop Crying your heart out, Cast no shadows et Aquiesce du groupe Oasis. Noel Gallagher est d’ailleurs crédité parmi les compositeurs de la chanson.

A l’heure d’une consommation plus durable (cf. le communiqué de Jean-Paul Gauthier qui prône l’upcycling), il ne reste plus qu’à fouiller dans les greniers pour retrouver des perles et les remettre au goût du jour!

Jambes monogrammées

Tout a commencé il y a une année, lorsque les collants Gucci se trouvaient partout. Cette année, ils ont été rejoints par ceux d’autres marques de luxe.

Le précurseur dans le monde des collants est Henri Holland, de House of Holland. Le britannique proposait des collants imprimés jarretières, Big Ben ou Tour Eiffel, il y a déjà quelques années, mais point de logos. Eux se sont récemment retrouvés sur le reste de la garde-robe: jeans et vestes (Versace), sacs (Louis Vuitton), vêtements (Marine Serre) et certaines marques en créent pour attirer les jeunes acheteurs (Burberry, qui a aussi apposé son nouveau sigle sur des collants).

Les jambes étaient restées épargnées, mais elles ne le sont plus depuis l’hiver passé. Gucci sortait des collants (plusieurs opacités) pourvus de son emblématique double G et on les voyait partout sur Internet. Ces pièces permettaient d’étendre le nombre de produits «accessibles» (ils ne sont pas bons marchés, mais restent sensiblement moins cher qu’un sac ou n’importe quel vêtement) d’une grande maison et cela fut un succès. Depuis, la marque a élargi sa gamme pour plaire au plus grand nombre et continuer d’attirer des petits porte-monnaie: chaussettes hautes monogrammées, collants en dentelle, en résille ou à fleurs, déclinaisons de couleurs (blanc, noir, brun).

Et les concurrents de la marque italienne ont réagi à l’engouement. Fendi propose – en noir, en rouge, en blanc, en gris, … – des collants affublés du double F, plus ou moins fin. Cet accessoire modernise n’importe quelle silhouette bourgeoise (so 2019-2020). Dans un style plutôt sportswear, des chaussettes sont aussi disponibles, avec le double F surmonté d’un liseré fluo.

Autres motifs

Le créateur américain Marc Jacobs propose une paire blanche ornée de petites roses: so preppy et printanier. Le britannique Richard Quinn propose des imprimés floraux ou cachemire, de type tapisseries, parfaitement en adéquation avec ses créations fleuries et colorées: attention à la surcharge de motifs! Ganni a choisi des imprimés animaux (tigre, léopard, …) et des arabesques baroques – noires ou jaunes – ornent les jambes Versace. Même la collection Giambattista Valli x H&M comportait ses collants, qui arboraient le nom du styliste.

Attention tout de même à ne pas les filer! (déjà que quand c’est des DIM à plus de 15.-, c’est rageant…)