Avec tous les changements annoncés à la tête des maisons de mode, c’est à se demander si les identités de chaque marque ne vont pas devenir opaques…
Je l’avoue, quand l’annonce de la nomination de Jonathan Anderson à la tête de Dior (premier défilé le 27.06), je me suis demandée si son premier défilé serait plus excitant que celui de Mathieu Blazy à la tête de Chanel?
Parce que pour moi, ces deux créateurs ont chacun un univers propre, qu’ils ont marqué de leur empreinte les marques (Loewe pour le premier, Bottega Veneta pour le second) qu’ils ont auparavant dirigé.
Une valse de DA
Récemment, on a vu ces changements opérés dans le luxe (tous des hommes!):
- Demna: Balenciaga —> Gucci
- Pierpaolo Piccioli: Valentino —> Balenciaga
- Alessandro Michele: Gucci —> Valentino
Et ça me fait me demander si le style du styliste ne prendra pas le pas sur le style de la maison. Si on peut supposer que la sophistication de Piccioli chez Valentino marquera une continuité avec le travail de Cristobal Balenciaga, a-t-on envie de voir chez Gucci ce que Demna faisait chez Balenciaga?
Attirer la Gen Z
Ces changements suivent toutes un but qui est de plaire aux jeunes générations, les prochains clients du luxe. « Chacun sait qu’il doit se renouveler un peu, réintroduire de la nouveauté, de l’innovation, etc. Mais en même temps, maintenant qu’on a fait tourner tout le monde, on ne sait pas trop à quel degré de renouvellement on va se retrouver », souligne une étude du cabinet de conseil Bain and Company, en juin 2025.
Un équilibre à trouver
Il est probable que Mathieu Blazy, qui sublimait le travail du cuir si cher à Bottega Veneta, arrivera à s’emparer du tweed de Chanel, mais est-ce que la grandiloquence de Michele chez Gucci sera la même chez Valentino? Ne risque-t-on pas d’avoir l’impression de voir la même chose avec une autre étiquette? Et le génie fou d’Anderson aura-t-il sa place dans les collections Dior? L’avenir nous le dira. Il est en tout cas excitant!