Pour ou contre : le jeu d’arcade Louis Vuitton

Le DA de Louis Vuitton a créé un jeu vidéo. Rafraîchissant.

Virgil Abloh, le directeur artistique pour les collections homme de Louis Vuitton, est un touche-à-tout. En plus de s’occuper de sa propre marque, Off-White, de jouer les DJ et de travailler sur diverses collaborations, il a créé un jeu vidéo siglé: Endless Runner. Le but? Passer des obstacles et récupérer des logos LV ainsi que d’autres fleurs fétiches du maroquinier pour gagner des points et récupérer des vies. 

Si le style (16-bit) et la mission restent basiques, rappelant les premières générations de jeux vidéo, le concept est sympa et on se prend rapidement au jeu, surtout qu’il est possible de jeter des sacs (le modèle n’a pas été identifié) pour récupérer des points monogrammés. Très drôle.

Avec ce divertissement rétro, la maison de couture et de maroquinerie dépoussière encore un peu plus son image. On peut se demander si le côté vintage de ce passe-temps rate la cible des Millenials, mais il peut conquérir les nostalgique des jeux d’arcade à coup sûr.

Albums pour la canicule

Nouveaux albums des Black Keys et Raconteurs. Review d’un road-trip vintage, mais pas forcément novateur.

Le single Hi/Low donnait une bonne première impression et on se réjouissait de la suite, après cinq ans d’attente. L’intro à la guitare électique d’Every Little Thing donne le ton sixties (on pense à Led Zeppelin) et on apprécie les aigus de Dan Auerbach sur la même chanson et sur Sit around and miss you, dont la musicalité est très réussie, mais qui se termine de manière trop abrupte…

Si Breaking Down nous amène dans des contrées rétro et plaisantes sans être innovantes, Walk across the water est une jolie ballade, qui donne envie de danser un slow, et Eagle Birds nous régale de solos, qui montrent la virtuosité des deux musiciens, et d’un rythme de jive qui donne envie de sautiller. En résumé, c’est un album plaisant et ensoleillé, bien plus abordable que le précédent. on retrouve les Black Keys comme ils sont les meilleurs. Une petite dose de fantaisie n’aurait pas faire de mal.

The Raconteurs, ce nouvel album, on ne l’avait pas vraiment vu venir, mais il est bien là. Jack White a recomposé son groupe et les nouvelles chansons font du bien. On aime le duo sur Shine the Light on Me., help me stranger – également titre de l’opus – commence en ballade pour vite devenir une rythmique blues reconnaissable, Only Child et Somedays sont également deux autres perles.

C’est un album de rock classique, qui fait la part belle aux références des années 70’s (Donavan ou Led Zeppelin), mais tout en restant très actuel. La musique est nuancée, accessible et garde toujours une touche reconnaissable de Jack White. Plaisant.

Lectures estivales

Que l’on se prélasse sur la nouvelle plage des Eaux-Vives, dans les transports ou au bord d’une piscine, un bon livre, c’est tout ce qu’il faut amener avec soi en vacances.

NYT 36 Hours – Barbara Ireland (2019)

Les meilleures chroniques de voyage du New York Times sont réunies dans un nouvel ouvrage : 36 Hours. Cette fois-ci, ce sont des petites expéditions qui sont mises en avant, dans plusieurs villes à travers le monde : Paris, Dakar, Dubrovnik ou Madrid… Et la couverture, orange-rouge-très-soleil-couchant, est très belle (comme les autres volumes de la collection).

Une toile large comme le monde – Aude Seigne (2018)

Un de mes livres préférés ! Une histoire palpitante sur l’économie et l’écologie du web qui interroge sur la manière dont le monde pourrait vivre sans cette source de pollution invisible (quoique), omniprésente dans les vies de personnages bien plus proches les uns des autres qu’ils ne le pensent. Ce livre divertit autant qu’il donne à réfléchir.

Passage des ombres – Arnaldur Indridason (2018)

Fan de polar nordique? Celui-ci se déroule en Islande et conjugue deux périodes de l’histoire différentes : une énigme non-résolue devient la clé pour trouver le coupable d’un meurtre récent. Les mœurs et l’histoire du pays sont au cœur de l’intrigue bien ficelée. C’est le troisième tome d’une trilogie, mais qui ne se lit pas nécessairement dans l’ordre.

Rock – Philippe Manœuvre (2018)

Outre la musique, le journaliste et critique français raconte de nombreuses anecdotes du monde de la BD (il a été rédacteur en chef de Métal Hurlant), des médias ou d’amitié. Il écrit tout comme il parle, sans filtre et avec humour, dévoilant les facettes de personnalités, mais surtout, il met en lumière une époque, maintenant révolue.

PS I love you – Cecilia Ahern (2004)

En attendant le second opus (!) qui sortira en septembre (en anglais), c’est l’occasion de relire ce livre mythique qui fait du bien à chaque lecture. Comment survivre et reprendre goût à son existence lorsque l’amour de votre vie n’est plus? A partir de ce (triste) constat, l’auteure nous transporte dans une histoire d’amour, de famille et d’amitiés qui prouve que la vie vaut d’être vécue.

Americanah – Chimamanda Ngozie Adichie (2014)

C’est l’histoire d’une jeune Nigériane qui part étudier aux Etats-Unis. A travers une critique sociale des deux pays, le livre parle des inégalités, des interactions, d’oppressions ou de la notion de « maison ». Un must-read qui raconte bien plus qu’une histoire.

Savourer – Nadine Levy Redzepi (2019)

Livre de cuisine bourré de commentaires et d’anecdotes personnels, ce nouvel ouvrage est rédigé par une femme-de, Nadine Levy Redzepi, épouse du cuisinier-star du Noma à Copenhague. Elle mélange les influences (elle est née au Portugal) et propose des recettes familiales, revisées et qui semblent succulentes.

Tubes de l’été: playlist perso

Le soleil revient réchauffer nos soirées, l’occasion de faire le point sur les meilleures chansons d’été pour accompagner les apéros.

Je ne suis pas une grande fan des tubes de l’été, qui sont souvent bien trop calibrés, sans charme et trop écoutés dès mi-juillet… Ce ne m’empêche pas d’avoir une liste de chansons que je trouve parfaite pour cette saison.

Que doit obligatoirement avoir une chanson pour l’été? En l’écoutant, il faut pouvoir fermer les yeux et imaginer des palmiers ensoleillés qui se détachent d’un ciel bleu pastel et qui se balancent dans la brise…haha! Ah, et souvent, ces chansons semblent trop courtes et on adorerait qu’elles durent des heures…

S’il devait n’en avoir qu’un album, ce serait celui-ci: Ti Amo de Phoenix. En 2017, il est devenu ma bande-son d’été que je mets absolument tout le temps, dès que les jours s’allongent. L’ambiance dolce vita, complètement assumée, est une invitation au voyage, à la flânerie, à l’Italie et sa gastronomie, aux amis, aux longues soirées et aux polaroids délavés par le soleil. Toutes les chansons ont la bonne dose de kitsch, d’airs catchy et d’insouciance. Le mélange de langues (anglais, italien, français) donne un côté exotique aux chansons et permet de s’évader.

Mais cette année, je vais compléter ma playlist solaire. Depuis sa sortie, j’écoute en boucle Borderline de Tame Impala (lien nouveautés en 2019). Sa mélodie hypnotisante, son rythme régulier et ses sons exotiques donnent envie de se déhancher sur une plage, au coucher du soleil, avec un verre à la main. Les synthés et la voix planante sont complètement dépaysant et rappellent la chaleur estivale que l’on attend. Gros coup de cœur pour cette année (pouce levé pour la petite flûte, au milieu du morceau, qui rajoute une touche mystique et mélodique)!

La chanteuse et flûtiste (!) américaine, Lizzo, nous plonge dans un univers funk et dansant avec son sympathique premier album et le tube Juice. Elle donne envie de se déhancher, de chanter et de se croire invincible. Parfait pour se réchauffer en fin de soirée, ou à toute heure de la journée.

On prend les mêmes et on recommence. Avec le nouvel album des irlandais de Two Doors Cinema Club, les rythmes électro-pop dansants se succèdent. Rien de nouveau (sous le soleil), mais ça fait du bien, tout de même.

Si on aime la musique plus expérimentale, on se tournera vers Africa Express, collectif créé par Damon Albarn avec des musiciens africains et européens. Les sonorités électro nous emmènent en voyage, dans des contrées ensoleillées.

Sinon, ne pas oublier: When the sun goes de Stevans, Promises de Calvin Harris et Sam Smith, The Man des Killers, Marble skies de Django Django, Les Red Hot Chili Peppers (une valeur sûre), Milky Chance, The Black Keys ou la pop dansante de Franz Ferdinand.

Des monogrammes chez Burberry ?

Créer un logo pour une marque ayant déjà une identité visuelle forte ? Burberry l’a fait pour toucher un public plus jeune.

En reprenant la suite de Christopher Bailey (17 ans comme DA), Riccardo Tisci devait se démarquer de son prédécesseur. En fouillant dans les archives de la maison britannique, il a trouvé une esquisse des initiales du fondateur, Thomas Burberry.

Le designer anglais Peter Saville (en 2013, il avait retravaillé le polo blanc de Lacoste en créant 80 dérivés du logo pour les 80 ans de la marque française) les a donc réinterpréter et les deux lettres ainsi intriquées sont donc devenues un nouveau monogramme. Par conséquent, c’est aussi devenu un nouvel emblème de la marque, dès la première collection de l’italien, en septembre 2018.

Inspiré des archives de la maison fondée en 1856, un T s’entrelace dans un B (peu lisible, pour ma part, surtout si deux couleurs habillent le dessin), créant ainsi une nouvelle identité visuelle, imprimée sur des foulards ou des casquettes en soie, notamment.

La maison de couture avait-elle réellement besoin de réinventer son identité de cette manière? Le tartan iconique de la marque ne suffisait-il pas?

La décision du styliste est bien sûr un parti-pris, mais dommage de s’uniformiser sur les autres marques à logos… Le motif à carreaux était déjà facilement identifiable et prestigieux pour ne pas avoir besoin de «copier» sur Fendi, Louis Vuitton et consœurs. Mais la tendance actuelle à cibler les Millenials avides de logos est passée par là (avec Gigi Hadid, icône de cette génération, en ambassadrice)…espérons que Burberry ne perde pas son âme.

Rocketman nous fait décoller dans la vie d’Elton John

Deuxième biopic musical d’un artiste britannique ayant marqué son époque, en moins d’une année; quelle opinion?

Alors que Bohemian Rhapsody recréait des séances d’enregistrement et des concerts pour raconter le parcours de Freddie Mercury et Queen, le film sur Elton John, Rocketman, est construit comme une comédie musicale. Les chansons reflètent les émotions des personnages – par exemple, la scène avec le morceau «Tiny Dancer» (1971) – et pas seulement celles du chanteur – avec notamment tous les membres de sa famille et «I want love» (2001).

Cette différence est ce qui rend les deux films distincts et permet de ne pas penser que le deuxième est une copie – ou du moins, inspiré – de l’autre. On suit l’enfance, puis l’adolescence du prodige du piano, jusqu’au succès et à ses costumes de scènes hallucinants (d’ailleurs, une galerie d’images comparant celles du film et de la réalité défile dans le générique et c’est bluffant de réalisme).

Elton John est surtout un homme timide qui se cache derrière ces artifices, aussi grandioses soient-ils. On y découvre ses failles et ses doutes, ses addictions et sa dépression sans fard. La musique accompagne parfaitement tous les événements, condensés en deux heures, mais qui portent sur plusieurs décennies. Taron Edgerton, qui joue Elton John, chante et l’incarne avec précision et en nuances sans lui ressembler réellement. Le seul petit point négatif de l’acteur est qu’il manque de bonhomie, surtout au niveau des joues, qui rend si reconnaissable Elton John. Par contre, mention spécial pour l’Elton John enfant, tellement touchant et ressemblant comme en atteste une image en fin de générique.

En fin de projection, les chansons qui ont bercé mon enfance ont une nouvelle saveur au regard des épreuves qui les ont façonnées. Les paroles sonnent toujours justes, écrites par un parolier qui travaillait toujours en amont et de son propre côté. Car le succès résultait avant tout de l’amitié de deux artistes qui, ensemble, ont composé des chansons magnifiques et mémorables («Your Song» ou «I’m still Standing», entre autres).

Petits plaisirs du printemps

L’inspiration est partout et tout le temps. Quels sont ces petits bonheurs de mi année ? Sélection.

Après une première liste en début d’année, voici ce qui m’inspire à l’aube de l’été:

Giambatista Valli x H&M

Si je devais faire une folie mode, ce serait celle-ci : la collection capsule créée par le styliste italien pour le géant de l’habillement. Malgré ce que j’ai déjà dit sur les collaborations que l’on voit à tout-va, celle-ci permet de toucher le rêve du doigt. Imaginez, des robes de couturier à un prix moindre. Franchement, la collection de cet automne est prévue pour novembre et j’hésite à commencer à économiser pour me faire un cadeau (quasi-)haute couture. Hâte de voir la collection, car celle de ce printemps était déjà très belle (mais un poil pas assez couverte pour moi…)

Le point de croix

Activité que j’exerçais quand j’étais petite, avec ma maman, qui a toujours fait du point de croix. J’ai découvert, par hasard, que la marque de fil DMC proposait des canevas gratuits (et modernes !) sur leur site internet. Il y a des motifs très sympas (dont une feuille de Monstera) et j’en ai fait une sélection pour m’occuper cet été. Je me réjouis déjà de pouvoir les encadrer et de changer la déco du salon. Et j’imagine déjà la réaction des gens si je cous sur la plage, haha!

La rhubarbe

C’est comme ça chaque année, de mai à juin, je profite de manger de la rhubarbe, en tarte ou en compote, car j’adore ce fruit. Je fais à peu près un gâteau par semaine et j’essaie pleins de motifs géométriques – qui prennent parfois du temps, j’avoue – pour rendre ma tarte jolie, en plus d’être bonne.

Pour ne pas que le fruit soit trop acide, je mélange un œuf, du sucre brun, de la farine et un peu de crème que je verse dans la pâte. Il n’en faut vraiment pas trop, mais miam. Surtout si on saupoudre de vanille et de cannelle!

La newsletter de Heidi.news

J’aime beaucoup recevoir, chaque matin, un petit condensé d’informations du monde entier, qui traitent de sujets variés et intéressants. J’aime particulièrement tout ce qui touche aux sujets de société, mais j’ai aimé découvrir, par exemple, ce média russe qui dresse exclusivement des portraits de chiens et de chats. Je ne lis pas le russe, mais les photos sont très jolies.

Pour ou contre : les vêtements écolos ?


H&M a lancé sa nouvelle collection Conscious, avec de nouveaux matériaux recyclés. Fausse bonne idée?

Des imprimés colorés, des coupes estivales et des tissus recyclés. La nouvelle collection « Conscious Exclusive » d’H&M a fait parler d’elle pour deux raisons : 1) ces fibres innovantes et durables, 2) son haut potentiel mode.

On ne peut que saluer la démarche – le géant suédois ayant annoncé vouloir 100% de vêtements responsables d’ici 2030 -, mais la question de la fast-fashion se pose encore et toujours. Au lieu de produire de nouvelles fringues (même écolos) en suivant les tendances, ne vaudrait-il pas mieux espacer les collections et produire moins et mieux? La mode reste la deuxième industrie la plus polluante, toutes les initiatives sont bonnes à prendre, mais ne devrions-nous pas réfléchir à notre consommation?

La forme, oui. Et le fond ?

De nombreuses marques ont annoncé ne plus vouloir utiliser de cuir (Chanel, Gucci, Michael Kors, Versace, …). C’est bien. Mais lorsqu’une année compte une pré-collection Printemps-Eté, puis une collection Printemps-Eté, une collection Métiers d’Art, une pré-collection Automne-Hiver  suivie d’une collection Automne-Hiver, une collection Haute-Couture et enfin une collection Croisière (basé sur le calendrier de la maison Chanel), n’est-ce pas un peu superflu?

Allez, on pioche dans les basiques et le style intemporel sera toujours d’actualité, cet été encore!

Pour ou contre: le maquillage pour homme ?


Chanel a sorti une collection destinée aux hommes, en automne passé. En 1968, Shiseido proposait déjà un fond de teint halé pour ces messieurs.

Historiquement, il est récent que le maquillage soit réservé aux femmes. Avant la Révolution, les hommes se poudraient, portaient des perruques et du rouge sur les joues.

En Asie, de nombreuses traditions font encore la part belle aux hommes fardés. En 1984, Jean-Paul Gauthier  proposait un maquillage qui accentuait les codes virils de ces modèles hommes, avec humour. Quatre ans plus tard, une Terracotta (Guerlain) mate était commercialisée, pour les hommes (en 2010, elle sera remplacée par une version unisexe, Terracotta 4 seasons, mate).

Droit à la coquetterie

Alors pourquoi, maintenant, les hommes devraient-ils se dispenser de cacher leurs cernes ou d’ouvrir leur regard? Pas besoin de se travestir, une légère correction et mise en valeur est tout à fait possible. Tom Ford ou Givenchy proposent des correcteurs de teint, des baumes ou des fonds de teint fluides. Kiehl’s a un super anticerne en stick, que même les femmes utilisent.

Alors pourquoi l’adage de Bobbi Brown «être soi en mieux» ne pourrait-il pas être suivi par les hommes? Et si l’envie d’expérimenter l’eye-liner et les lèvres carmin se manifeste, pourquoi pas. On sera encore un pas plus proche de l’égalité.

Encore des collaborations !

La collection capsule est devenue la tendance pour toutes les marques qui veulent rester dessus. Surtout lorsque l’on sait que ces gammes éphémères génèrent du chiffre.

En mai, on apprenait que la bloggueuse star, Chiara Ferragni, allait concevoir une collection avec la marque de cosmétique Lancôme. Dans la même période, c’était l’ancien styliste de Lanvin, Alber Elbaz, qui annonçait une collaboration avec le maroquinier Tod’s.

On se souvient de moult duos ayant sortis des produits ensemble: MAC et une multitude de chanteuses/actrices/artistes, Estée Lauder et Victoria Beckham, Charlotte Gainsbourg et NARS, L’Oréal et Camila Cabello, Crayola et Clarins, Isabel Marant ou Balmain et L’Oréal, Becca et Chrissy Teigen. Les opportunités de lancer une gamme en lien avec la sortie d’un film ou des événements sont également réalisées: MAC et Aladdin, L’Oréal et Mary Poppins ou Urban Decay et Game of Thrones et même dernièrement H&M et la série Stranger Things !, mais encore Clinique et Octobre Rose ou les collections de Noël/St-Valentin/Pâques/printemps.

Ne serait-ce pas trop?

Malheureusement si ce type de produits continuent de proliférer, c’est qu’il y a réellement une demande. En quête de nouveautés et d’exclusivité, les acheteuses se jettent (littéralement, je ne sais pas, mais ça se pourrait) sur ces petits bijoux de marketing et de packaging. Les marques de luxe profitent de ces collections pour toucher de nouvelles tranches de clientes, surtout les jeunes. Elles créent une proximité avec elles et donnent une images dynamique et moderne à des marques possiblement considérées comme classiques.

Et les marques de vêtements de sont pas en reste, surfant sur une tendance qui fait vendre: Louis Vuitton x Supreme, Puma x Fenty, Fendi x Fila, H&M et ses collections capsules (Karl Lagerfeld, le premier, suivi par Jimmy Choo, Moschino, Lanvin, Erem, Versace, Marni entre autres). Il faudrait surtout être attentif à la pertinence de ces partenariats: y a-t-il une vraie complémentarité artistique? Le produit final a-t-il un intérêt quelconque à part sa rareté et son prix?

Avec tous les exemples listés (et il y en a encore), on se rend compte de l’habitude créée par les marques pour mettre les clients à l’affut et les faire consommer. Dans un monde où l’on parle de plus en plus de mode écologique (n’est-ce pas Isabelle Marant?), ne devrait-on pas renoncer à cette surenchère de productions et se concentrer sur des basiques?

Le verdict?

Certaines collaborations peuvent sortir du lot. J’aime l’idée de la collection Moschino et Sephora, qui rappelle vraiment des souvenirs d’enfance. Ou la ligne de Lacoste et du WWF qui ont décidé d’orner les fameux polos d’espèces en voie de disparition. 

Mais franchement, des produits créés par des YouTubeuses/Instagrameuses, ne m’emballe pas plus que ça, ne connaissant pas leur potentiel créatif (celui de mettre en scène et de promouvoir un produit, oui, celui de l’imaginer et de le conceptualiser, non). Surtout qu’en regardant le kit à sourcil d’Enjoy Phoenix et Benefit, on se rend vite compte que ce ne sont que les produits de la marque, en petit format et dont seul l’étui est exclusif. Rien de nouveau, en somme. (A noter que la vidéo dédiée au lancement de ce produit a été visionnée par plus d’un demi-million de personnes.)


Les chiffres parlent d’eux-mêmes

Dans son rapport d’activité pour l’année 2017, L’Oréal enregistre une croissance du chiffre d’affaires de 2.2% (+35.5% en e-commerce) dans sa gamme grand public, dont fait partie L’Oréal Paris, qui a sorti une collection de rouges à lèvres avec la maison de couture Balmain. On apprend également que Lancôme séduit les Millennials grâce aux «collections capsules, pour Noël ou le Nouvel An chinois».

Solo mio

Pourquoi faire une carrière solo si on fait la même chose qu’avec son groupe ?

Super nouvelle, le chanteur de Kasabian, Sergio Pizzorno, sort une chanson solo. Sous le pseudonyme The SLP (ses initiales), il publie une chanson intitulée «Favourites». Son groupe a un univers fort, mais cela ne doit pas empêcher pas une créativité différente, tout en connaissance certains composants, comme la voix. Mais à l’écoute, déception… La chanson ressemble à du Kasabian, comme un copier-coller de leur style, comme un nouveau titre du groupe. Alors pourquoi vouloir voler de ces propres ailes si c’est pour composer la même chose ? Peur de l’inconnu, similarité pour ne pas perdre les fans ou pour que la transition vers la nouveauté soit plus douce, essai manqué ; toutes les hypothèses sont possibles…et on va surtout attendre si de nouveaux titre (un album ?) sortent pour voir si nos suppositions étaient fondées. On peut encore être surpris.

Des transitions réussies

Dan Auberbach – Le chanteur et guitariste des Black Keys a délaissé le rock usé par le soleil pour sortir des albums de blues personnel. Il a également fondé un autre groupe, The Arc, aux sonorités encore différentes, pour un album toujours rock.

Richard Ashcroft – le crooner anglais (The Verve) s’est réinventé et complètement imposé dans un univers qui marie le rock, la pop et des sonorités plus modernes et dansantes. Toujours avec cet accent incompréhensible qui fait son charme.

Phil Collins et Peter Gabriel – Après leur départ respectif de Genesis, les deux musiciens ont su se réinventer et créer un nouveau chapitre à leur musique. Peter Gabriel s’est tourné vers la world music et Phil Collins a continué à chanter et à jouer de la batterie sur des chansons inoubliables, souvent accompagné de cuivres.

Alex Turner – En composant la BO de Submarine, le chanteur des Arctic Monkeys et des Last Shadow Puppets a su se réinventer encore une fois, en laissant derrière lui ses deux groupes. Harmonie et mélancolie sont les bases de ses chansons. Seul regret, le fait que le dernier album des ArcticMonkeys (Tranquility Base Hotel Casino) ressemble beaucoup à son projet parallèle avec Miles Kane (The LSP).

On ne change pas une équipe qui gagne

Malgré le magnifique album «Chaos and Creation in the Backyard », Paul McCartney est meilleur lorsqu’il se replonge dans le style des Beatles. Confirmation avec ces deux derniers albums.

Mark Knopfler – Le chanteur au bandeau reste un virtuose de la guitare et conserve ses sonorités celtiques et country qui ont fait son succès. Dommage que d’un album à l’autre, certaines chansons soient conçues de sur les mêmes mélodies, ne permettant pas de les distinguer (intro de Silvertown Blues et de Just a boy away from home)…