Rentrée musicale: des chevelus qui foutent les poils

HURTS – Faith

2010, cet été-là, on avait entendu partout la chanson entêtante Wonderful Life et lors de la toute première écoute de cet album, la première plage (Silver Lining) m’avait étonnée par sa ressemblance sonore avec les Depech Mode. Ma première impression a été largement remise en question par le reste des morceaux, sombres et mélodiques, électro et vocaux, enveloppants et détonants, mélancoliques et dansants. J’avais aimé l’opposition entre le nom de l’album et l’austérité de la pochette. Un gros coup de cœur pour ce duo de Manchester qui allie la sophistication british (les costumes, les cheveux gominés) et la pop intelligente, sans devenir trop complexe. Les titres sortis sur l’édition Deluxe valent aussi le coup: chanson de Noël All I Want for Christmas Is New Year’s Day, mais aussi Affair ou Mother Nature.

Depuis le duo a sorti plusieurs albums. Si chacun a un univers visuel propre (Exile, album en noir et en couleurs, Surrender, en rose, puis Desire en rouge, sans compter sur l’évolution des looks du duos), ils sont toujours dans la même veine que le premier, mais sans jamais l’égaler. Parmi mes coups de cœur, notons StayMiracle, Guilt, Lights, Wish ou Ready to go. Ce qui fait la richesse de ce groupe est d’écouter chaque album dans sa totalité pour en comprendre  chaque unité.

Au printemps dernier sortait Voices, chanson qui étonnait avec son intro de guitare entraînante, mais qui mêlait toujours paroles sombres, chœurs grandiloquents et  arrangements musicaux subtils. Un grand coup de cœur qui annonçait un album pour septembre, soit 10 ans après Happiness. Le deuxième single, Suffer, semblait un cran en dessous, reprenant tous les codes de ce qui a fait leur marque de fabrique, avec une impression de déjà-entendu. En juillet, Redemption, ballade piano-voix agrémentée d’arrangements de cordes, nous embarquait dans un monde de douceur. Le morceau  se termine par une épopée sonore digne d’un film, la lande écossaise pourrait sans mal se déployer sous nos yeux. Sublime. À la mi-été, c’est Somebody qui a été publié: couplets saccadés et nerveux, puis envolées lyriques façon hip-hop, bridge murmuré et solo de guitare. On retrouve cet univers électro épuré pour un morceau peu cohérent et quelque peu décevant, qui tombe presque dans la facilité. Ce qui est certain, c’est que l’album ouvre de nombreuses portes et élargit les horizons du groupe. Le bilan de ce cinquième album, Faith, est très positif. Les deux mancuniens surfent sur ce qui a fait sa renommée, mais avec brio : chair de poule sur l’émouvant et intime piano-voix-cordes sur All I have to give, les ambiances sombres et minimalistes accompagnées de percussions sur le très beau Liar, moins de grandiloquence aussi, cet album est plus intimiste et réconfortant. Le chant de Théo Hutchcraft a également pris une nouvelle dimension, plus posée et chantante (notamment Darkest hourWhite horsesou Slave to your love). Plus sombre et moins électronique, cet album est encore un gros coup de cœur pour Hurts que j’admire depuis leurs débuts. Un de leur meilleur opus.

Julien Doré – Aimée

Quatre ans après le génialissime &, l’ex-chanteur à la barrette sort un cinquième album Aimée doux et grave. Il y parle d’écologie, de migrations, de dérèglement du monde, de l’enfance, le tout avec des mélodies solaires et rétro (beaucoup de synthés, par exemple), envoutantes ou dansantes. Le contraste entre le rose de la pochette et la gravité des paroles fait mouche, ces dernières sont  poétiques ou drôles: «tout le monde a quelque chose à dire sur mes cheveux ou le climat», « On s’était promis Venise, mais c’était trop mouillé » ou «Viens, on s’accoude aux étoiles». On adore les chiens – Simone et Jean-Marc – qui «chantent» sur Waf et les chœurs d’enfants sur plusieurs morceaux qui rajoutent en légèreté tout en nous mettant face à la gravité de notre avenir – et du leur. Un album pop et intelligent qui divertit, ça fait un bien fou pour prolonger l’été encore un peu !

A écouter également :

Biffy Clyro, A celebration of endings (2020) – Album au nom prémonitoire au vue des changements amorcés par la crise sanitaire? Le trio écossais a pourtant enregistré bien avant toutes ces péripéties, mais leur univers comprend toujours des paroles plutôt sombres, comme il nous avait habitués avec leurs sept précédents albums. En tout cas, cette invitation à la fête est réussie grâce à des chansons rock (Weird Leisure, très 90’s et taillé pour le live ou End of), mais aussi entrainantes (Instant History , sa batterie et ses sonorités électro) ou émouvantes (Space avec ces cordes). Je me réjouis de les découvrir à l’affiche de festivals pour aller sautiller et balancer ma tête au rythme des riffs ! 

Summer Wine, Alex Kapranos & Clara Luciani (2020) – Reprise franco-écossaise de Summer Wine, qui ramène quelques décennies plus tôt. Si la chanteuse française fait ce qu’elle sait faire – avec classe et douceur -, la traduction n’est pas toujours heureuse (mon vin d’été a toutes ses saveurs en même temps […] je te donnerai du vin d’été…bof), le frontman de Franz Ferdinand – qui maîtrise le français et le chante dans le bridge du morceau (et vin devient vent avec son accent) ! – apporte sa patte; vintage, pop et légère, accompagnée de sa voix rocailleuse à la Nick Cave. Le clip est un petit bijou d’atmosphère rétro (coucou Wes Anderson !), ensoleillée et de kitsch.

Identical, Phoenix (2020) – Première chanson du groupe de Versailles depuis le lumineux (et kitsch) Ti Amo, extrait de la bande-son du prochain film de Sofia Coppola. On reconnait facilement les rythmiques chères au quatuor ainsi que la voix incroyable de Thomas Mars. Toujours dansant, mais plus sombre, ce morceau mêle synthés entêtants, superpositions de sonorités électroniques et dialogues de voix à des octaves différentes qui structurent la chanson. Grande surprise qui ne déçoit pas ! En attendant un futur nouvel album ?

Et si on s’habillait de manière durable #2?

Après une première sélection de marques à faible empreinte carbone, en voici une deuxième! Car être chic tout en respectant la planète est de plus en plus facile.

Sélection pour faire son shopping hors des sentiers battus de la fast-fashion, en toute bonne conscience :

  • Round River – Marque suisse de maillots de bain conçus à partir de bouteilles en PET récupérées dans la Limmat. Ecologique et local, quoi de mieux?
  • Parisienne et alors – Du made in France et des matières responsables pour cette marque qui propose régulièrement de nouvelles collections (capsules de 25 pièces) abordables (selon les ventes). On dit oui 🙂
  • Bizance Paris – Du coton bio, du polyester recyclé et des fibres naturelles pour un vestiaire moderne à prix alléchant, produit en France. Les imprimés sont top et déclinés en plusieurs pièces intemporelles pour que chacune y trouve son compte.
  • Nénés Paris – De la lingerie et des maillots de bain écoresponsables. La marque française propose aussi quelques robes, combinaison et short, le tout dans des tissus naturels, avec une petite touche Brigitte Bardot.
  • A.Au – Etant très attirée par les motifs wax, cette marque nigériane me plaît particulièrement. En plus de ces découpés originaux, les vêtements invitent au voyage grâce aux couleurs chaudes. A.Au reverse 10% du prix de vente à des organisations pour l’éducation dans le pays.
  • Maison Alfa – Des vêtements qui revalorisent des textiles (upcycling) dans une ambiance chic et rétro!
  • Kimai – des bijoux modernes (beaucoup de boucles d’oreille asymétriques à combiner entre elles selon ses goûts) et éthiques, créés en Belgique. La marque n’est pas bon marché, mais l’or et les diamants sont de sources transparentes (l’or est recyclé d’anciens bijoux et les diamants sont créés en laboratoire pour un résultat similaire aux pierres naturelles). La responsabilité n’a pas de prix!

Pas encore trouvé votre style? Le site SloWeAre référence de nombreuses marques éthiques et durables.

Et sinon, une initiative très chouette à Genève, pour louer des robes de créateurs le temps d’un événement: Girls gown bad, propose des tenues de rêves pour différentes occasions, avec un renouvellement selon la saison (et il est même prévu de vendre certaines pièces afin de pouvoir en proposer de nouvelles! si ça se n’est pas de la bonne affaire mode ET durable!?)

Recettes ayant élargi mon horizon culinaire

Faire la cuisine peut s’avérer être un hobby sympa, mais aussi une manière de consommer différemment et mieux. Petit tour d’horizon de recettes glanées au fur et à mesure de mes lectures. Bon appétit !

Des livres de cuisine, j’en ai finalement très peu*. Comme pour les reviews de maquillage ou les critiques culturelles, j’aime bien avoir l’avis de quelqu’un avant de me lancer dans quelque chose de nouveau. Cela vaut aussi pour les recettes de cuisine.

Soupe asiatique, pour les soirs de flemme : un bouillon + des légumes + des nouilles + du lait de coco + du curry

Panettone maison, j’en rêvais, il est possible ! Absolument incontournable pour la période de Noël

Cod cakes, petites bouchées apéritives ou en format steak pour le soir, cette recette est parfaite et facilement adaptable avec les légumes de saison (fenouil à la place du céleri, …)

Tres leche au chocolat, gourmandise à l’état pur et tellement simple à réaliser. Un must pour ceux qui aiment le sucré

Flans à la fleur d’oranger, il est possible de remplacer le lait végétal par du lait avec ou sans lactose. Recette infaillible !

Tarte salée au sucre, un dessert typiquement vaudois excellent et facile à réaliser avec des ingrédients que l’on a toujours dans ses placards

Mustikkapiirakka, recette finnoise gourmande et originale

London fog, boisson à éviter si on ne met pas de lait dans son thé…mais très sympa en version chaude ou froide

Flan tropical, fonctionne aussi sans le rhum

Pudding au maïs, pour changer des desserts habituels

Scones, parce que c’est la base d’un tea time anglais et que l’automne se profile

À tester :

Campari cake

Seis leche (oui, oui)

Gâteau léger au fromage blanc, une alternative au cheesecake à essayer

Babka / babka salée

Brioche au lait condensé

Croquettes de saumon

Kebbeh

Achète-t-on pour la marque ou pour le créateur?

Alors que Miuccia Prada prépare sa (lointaine, pour le moment) succession en nommant Raf Simmons co-directeur de la marque italienne, une question se pose : comment une marque peut-elle survivre à son créateur? Les acheteurs aiment-ils le prestige d’une marque ou la créativité du styliste?

Kering a annoncé un revenu de 9.628 million d’euros en 2019. La marge de la marque est de 11% par rapport à l’année précédente. En 2018, la progression avait été de 28% par rapport à 2017. Le styliste, Alessandro Michele, y est clairement pour quelque chose, mais les fashionistas achètent-ils pour lui ou pour la marque? S’il a repris un certain nombre de codes de la maison – le double G, les couleurs rouges et vertes, le monde équestre, etc. – il a aussi réussi à insuffler un nouveau vent sur les collections – des blousons streetwear, des cuissardes monogrammées, beaucoup d’accessoires (chaussettes, collants et foulards) ou des nouveaux it-bags intemporels, entre autres.  Autre exemple, Hedi Slimane. Le couturier français avait déjà remis au goût du jour la marque YSL en la rebaptisant Saint Laurent et en proposant de nouvelles pièces que tout le monde a voulu porter, devenant des basiques de la garde-robe de toutes les filles de la planète (en premier lieu, les pantalons slim !). Chez Céline, où il est DA depuis 2018, il était attendu au tournant. Fera-t-il du Hedi Slimane ou suivra-t-il la voie de Phoebe Philo ? Le monde de la mode a été partagé par sa première collection « trop-YSL-pas-assez-Céline », trop lui-même surtout. Pourtant, LVMH, le propriétaire de la marque, l’a nommé pour relever les chiffres de la maison, avec l’espoir qu’il réitère son succès passé. Depuis, il a dépoussiérer la figure de la bourgeoise (thème cher à la maison), a créé une ligne de parfums, a enlevé l’accent du E pour plus de clarté graphique et a insufflé des détails qui lui sont importants dans ses vêtements. Le déploiement de boutiques Céline continuera sans doute à faire progresser les résultats de la marque. LVMH reste le leader dans les produits de luxe, avec un chiffre d’affaires en augmentation (croissance organique de 17 % de ses ventes en 2019).

Anthony Vaccarello, qui a repris la suite d’Hedi Slimane chez YSL, a décidé de perpétuer les codes chers à la maison parisienne. Il est parfois difficile de faire la différence avec les vêtements dessinés par son prédécesseur tant la rupture est mince. Il reprend par contre allègrement dans les archives, par exemple avec sa collection inspirée du cirque.  Les chiffres sont aussi au beau fixe, + 19% en 2018 et +14% en 2019. Le revenu de la maison a doublé en quatre ans, note le rapport annuel de Kering. La venue de Virgil Abloh chez Louis Vuitton Homme a aussi permis de continuer à surfer sur le succès de l’ancien DA de Kanye West. La multiplication de ses collaborations (notamment IKEA) a montré que son nom compte pour le public et fait vendre.

Talents à suivre

Et que dire d’Olivier Roustaing, qui a remis à flot Balmain ? S’il quitte, un jour, la maison, deviendra-t-il le styliste à suivre dont le nom deviendra une marque à part entière ? Sa collection de rouges à lèvres avec L’Oréal et celle de maquillage en collaboration avec Kylie Jenner donnent déjà un début de réponse…, mais la question reste ouverte et elle pourrait aussi concerner Daniel Lee (actuellement chez Bottega Veneta où il fait des merveilles), Nicolas Ghesquière (DA de Louis Vuitton après être passé par Balenciaga) ou Phoebe Philo qui n’a toujours pas réapparu sur le devant du podium…

De son côté, Jean-Paul Gauthier a tiré sa révérence, mais pas sa marque. Il innove en proposant un concept inédit : un artiste sélectionné par saison. A voir si ce choix sera suivi par les fans de la marque ou si cela convaincra les passionnés de mode. L’étiquette du vêtement aura-t-elle plus d’importance que le nom de son designer ? Affaire à suivre aussi du côté de Givenchy après le départ de Clare Waight Keller et l’arrivée de Matthew M. Williams…

Pari pas toujours réussi

Si l’univers de Jérémy Scott colle plutôt bien à celui de Moschino, nommer un couturier star n’est pas forcément gage de succès. En 1996, Alexander McQueen rejoint Givenchy. Le prodige britannique est vu comme le messie, mais sa première collection sur le thème des divinités (bien que je la trouve absolument magnifique) décevra. Pourtant c’est celle qui lui ressemble le plus de son passage français. A trop vouloir se plier aux contraintes et aux attentes, l’anglais se perdra et retournera s’occuper exclusivement de sa propre marque. Comme quoi, une alchimie doit se créer entre une institution et la personne à sa tête. Mais le prestige d’une marque joue un grand rôle dans ses ventes tout comme la créativité de celui qui créé les collections. Plus encore, si les créations répondent à la demande des acheteurs.

A lire : The great fashion designers : from Chanel to McQueen, de Brenda Polan et Roger Tredre

Summer 2020 – à lire, à voir, à écouter

Comment occuper cet été? Quelques pistes pour ne pas s’ennuyer:

Musique – Cet été sera différent des autres si les déplacements sont réduits, mais cela ne signifie pas qu’il faut négliger la bande-son de cette période. Voici une sélection de nouveautés étranges, des ambiances moites, qui brouillent les genres, mais donnent toujours envie de danser. (et bien sûr, on garde en réserve « Ti Amo » de Phoenix, album brillant pour célébrer les beaux jours)

Du cow-boy romantique et mystérieux? Summertime d’Oville Peck, musicien masqué, vous fera découvrir les plaines américaines, mais tout en douceur et subtilité. Parfaite pour un roadtrip en amoureux…

Pop planante et classique? Le violoniste Owen Pallett (qui a arrangé des morceaux pour Arcade Fire, Mika, The Last Shadow Puppets, Taylor Swift ou Charlotte Gainsbourg) livre un album indie et hors du temps (« Islands »), rafraîchissant. La chanson Perseverance of the saints accompagnera nos soirées et peut-être les levés du jour!

Des choeurs, une ambiance flamenco et un soupçon de beats? En attendant le nouvel album de HURTS, le premier single Voices nous transporte. Rythmes dansants et paroles obscures se marient parfaitement pour un résultat plus léger que ce à quoi le duo nous a habitué.

Sythés d’une autre décennie pour se déhancher? Il faut se laisser envoûter par la disco de Jarvis Cocker et sa voix grave. En écoutant, on pense à Duran Duran, les Depech Mode ou Nick Cave. Music all night long nous fait patienter avant son nouvel album. Si jamais, il a aussi repris Aline de Christophe pour Wes Anderson (BO de The French dispatch).

Voix de crooner pour danser un slow? ça semble être le retour de John Newman, avec Stand by me, nouvelle chanson depuis son premier album (2014), un bijou pop et soul. Et en 2020, il persiste. Hâte de découvrir la suite de ce qu’il nous réserve! en attendant, on s’enlace sur ce titre, mais on risque d’attendre un peu puisque l’artiste a quitté son label pour soigner une dépression…

Ambiance planante et autotune? C’est A Ballet de Sébastien Tellier dans lequel il faut se plonger. Le musicien mélange habilement sonorités hip-hop, mélodies de piano, saxophone pour un résultat sorti tout droit des nuages…excellente évasion. Tout son dernier album est dans cette veine, c’est parfait pour les fins de soirées.

J’adore la série How I met your mother et c’est avec plaisir que l’on retrouve Josh Radnor («Have you met Ted» Mosby) en musicien folk dans le duo Radnor & LeeSimple Harmony est un hymne ensoleillé parfait pour flâner dans les champs ou conduire avec toutes les fenêtres ouvertes. C’est frais, c’est joyeux et c’est dépaysant.

Sans oublier les albums de Dua Lipa (avril 2020) et d’Harry Styles (décembre 2019) qui font définitivement partie de toute playlist estivale de cette année si on souhaite danser!

Littérature – Pourquoi ne pas profiter des beaux jours pour se plonger dans un livre. Sélection de mes lectures de ce début d’année:

Joël Dicker, L’énigme de la chambre 622 – Si la niaiserie du personnage féminin principal, le héros moyen qui devient un génie sans rien accomplir et le manque de descriptions des lieux genevois où se déroule une partie de l’intrigue ne vous rebute pas, laissez-vous embarquer par ce pavé assez addictif. Une enquête alambiquée, des personnages qui se croisent et se recroisent, des histoires reliées sans que l’on s’y attendent sont les ingrédients (communs) de l’auteur genevois. Un bon moment à passer. ****

Liane Moriarty, Neuf parfait étrangers – Neuf individus qui ne se connaissent pas et qui souhaitent changer de vie dans un cadre enchanteur. C’est le cadre de ce nouveau roman de l’auteure australienne, sauf que rien ne va se passer comme prévu. Et même le lecteur ne s’attend pas à ce qui se passe! Mais comme d’habitude, Liane Moriarty décrypte et critique la société et ses moeurs. Puisque c’est son dernier volume, tout y est terriblement moderne et elle jette un regard sur notre manière de vivre assez vrai et glaçant. ***

Stephen King, L’Institut – Du complot, un soupçon de surnaturel, des expériences dans un lieu caché, le tout dans un monde très actuel, voici l’environnement dans lequel s’inscrit le dernier écrit du maître de l’horreur. Ici, il s’agit d’un thriller qui s’intéresse à des enfants surdoués, qui tentent de survivre pour récupérer leur liberté. Parfois stressant, souvent révoltant, ce livre est surtout impossible à lâcher, mais il fait néanmoins réfléchir… ****

Mona Chollet, Sorcière, le pouvoir invaincu des femmes – Et un essai. Bien qu’il soit sorti depuis un petit moment, ce texte est passionnant, aussi bien du point de vue historique que du point de vue idéologique, voire, politique. Il est également facile d’accès, pour ceux qui se sentiraient effrayés. Les chapitres 1 et 2 sont géniaux et suscitent pleins de réflexions autant qu’ils répondent à des interrogations de chacun(e). A lire absolument et à faire lire! *****

Séries/films – Découvrir de nouveaux horizons sans quitter son canapé!

The Crown, saison 3 : Même si le renouvellement de la totalité du cast a été perturbante durant les deux premiers épisodes, cette série est toujours un régal. On (re)découvre des pans de l’histoire, mais aussi les doutes de Charles, Anne ou Philippe, les tensions familiales, les dessous de la politique ou la modification de la société. Chaque épisode est un petit film qui se penche sur un thème, subtilement traité. On attend la saison 4! *****

Sex Education, saisons 1-2 : Même s’il s’agit d’une série pour ados, les adultes peuvent tout à fait succomber, car il y est aussi question des parents de ces jeunes. L’histoire traite des rapports sociaux et intimes des adolescents, mais aussi de nombreux thèmes propres – ou non – à cette période particulière, de manière juste et sans jugement, avec des personnages plus complexes qu’ils n’apparaissent au premier abord. Il est même facile de s’identifier. La fin de la saison 2 en annonce une troisième et on se tarde de découvrir la suite. ****

The highwaymen (2019) : Dans ce film, on découvre l’histoire de la traque du couple de malfrats Bonnie Parker et Clyde Barrow. Cette chasse à l’homme a été une réussite grâce à deux hommes, ex-Texas Rangers, qui permettront de réhabiliter cette fonction pourtant mise au ban par la Gouverneure de l’époque. Malgré une bande-annonce explosive, ce film est plutôt contemplatif et suit cette aventure jusqu’au (tragique) dénouement avec une pointe d’humour du duo Kevin Costner-Woody Harrelson. Bonne découverte d’un événement historique qui m’était méconnu. ***

Derry Girls, saisons 1-2: Le conflit nord-irlandais du point de vue d’une bande d’adolescentes dans les nineties? Il n’en fallait pas plus pour me convaincre de regarder les deux saisons de cette sympathique série, pleine de personnages attachants aux accents typiques. Les épisodes, courts, sont rythmés par la musique de notre adolescence, mais  malheureusement, ils manquent d’une intrigue sur plusieurs épisodes. Le contexte historique n’est qu’effleuré (je me suis renseignée après coup pour comprendre les tenants et aboutissants de la situation), les histoires adolescentes et situations dans lesquelles se retrouvent les protagonistes – chacun très stéréotypés – sont très drôles. ***

Le sac le plus simple du monde est le it-bag de l’été + autres futilités estivales

Voici les news indispensables à toutes conversations estivales futiles. C’est cadeau!

Le sac de plage en raphia fait partie des indispensables de l’été. Souvent grand, il est léger, pratique, facile à porter grâce à ses anses et sa couleur se marie avec n’importe quelle tenue ou linge de bain. Bref, c’est l’objet qui résume assez bien une journée à la plage. La plupart des commerces en proposent à tous les prix et dans toutes les tailles. Et donc, quasiment tout le monde en possède un. Avec chance, les créateurs ont décidé que ce sac serait un des éléments forts de cet été 2020. Et on applaudit avec joie, car, pour une fois, pas besoin de se ruiner pour être in. Enfin, si vous en avez envie – et les moyens – certaines marques ont créé le leur: Loewe et Chloé en proposent avec des empiècements en cuir, très chic. Chanel en avait proposé il y a quelques années et le vintage est toujours à la mode 😉 (et il reste toujours le Baci de Jacquemus, pour une version plus couture/XXL/mini/fun (rayer la mention inutile)).

Et sinon, quoi de neuf?

Pendant le semi-confinement, vous vous êtes mis au sport et vous avez fait des économies? Louis Vuitton a tout prévu pour votre revenge shopping: des accessoires sportifs griffés. On y trouve des altères, des raquettes de tennis ou de ping-pong et même une corde à sauter monogrammés. Mais est-ce vraiment chic?

Pour la plage, Chanel a présenté (lors de sa collection croisière, en vidéo) des tongs couture. Oui, oui, les deux termes peuvent être associés…mais on ne l’avait jamais imaginé…et notons que la collection est durable et créée à partir de chutes de tissus.

Et si on veut du durable pour son chez-soi? Depuis la création du label il y a 15 ans, American Vintage a accumulé un stock considérable de chutes de tissus et d’anciennes collections, comme la plupart des marques. Pour réduire le gaspillage – considéré comme l’un des principaux fléaux de l’industrie  la griffe s’est jointe à une association de femmes tisseuses du Moyen Atlas, au cœur du Maroc. Le but ? Revaloriser les chutes de tissus de ses précédentes collections, en les transformant en tapis boucherouite. Historiquement, ces tapis étaient confectionnés pour isoler du froid les habitations berbères. Le tapis boucherouite est composé de morceaux de tissus usés ou anciens, noués les uns sur les autres, dont naissent des motifs géométriques et abstraits très colorés.Pour le printemps, la marque American Vintage s’est associée à une coopérative de femmes tisseuses du Moyen Atlas, au Maroc, pour donner une seconde vie aux vêtements et aux chutes de tissus invendus. Ces tapis boucherouite upcyclés uniques, signés American Vintage, seront vendus sur le site de la griffe depuis le 26 mars dernier avec des prix commençant à 350 euros. 

On continue dans l’univers de la décoration d’intérieur. Versace, connu pour ses imprimés flamboyants et rococo, ajoute une corde à son arc. La marque italienne propose ses motifs phares sur des papiers peints. A recommander à ceux qui on un ameublement minimalisme…sinon on ne distinguera plus rien entre les meubles et les murs…pour d’autres styles, Sézanne et d’autres marques ont créé leur propre collection home.

Et pour ceux qui aurait une âme d’artiste, on se penche sur la collaboration du printemps: c’est déjà la troisième entre la maison de couleurs genevoise Caran d’Ache et le styliste britannique Paul Smith. Après les stylos, voici la boîte – toute en sobriété – de six crayons aquarelles reprenant les couleurs pastels chères au couturier (on remarque rapidement un magnifique vert menthe, par exemple).

A lire: futilités d’automne 2019

Tout le monde peut porter du vernis, même les hommes!

Dans son nouveau clip qui vient de sortir en mai – Watermelon Sugar – Harry Styles arbore des ongles roses. Cette tendance va-t-elle s’instaurer durablement ou bien est-ce juste un message de communication destiné à montrer son ouverture et son inclusivité? Avec les beaux jours, on a, nous aussi, envie d’oser la couleur, dans nos assiettes, sur les vêtements, et les ongles ne font pas exception. Les marques l’ont bien compris. OPI lance chaque année des collections qui font voyager: Hawaii, Mexique, Pérou, il y en a pour tous les goûts.

Harry Styles n’en est pas à sa première manucure (on se souvient des ongles noirs accordé au chemisier transparent de femmes, au MET Gala, par exemple) et a déjà clamé son envie de ne pas entrer dans les cases, notamment dans ses choix de vêtements. Alors que les lignes d’habits non-genrés sont de plus en plus présentes, partager sa garde-robe – et son make-up – ne semble pas encore normal. Les moeurs ne sont pas encore prêtes à changer aussi vite, mais plus il y aura d’hommes pour montrer l’exemple, plus cela deviendra normal. Voyez, Johnny Depp, Jared Leto ou Patrick Neil Harris en ont parfois porté aussi. Et si FAB, une marque italienne, propose des vernis exclusivement réservés aux hommes, je ne pense pas qu’il y ait besoin de genrer ses produits, car un vernis reste un vernis et un ongle reste un ongle. Qu’on soit une femme ou un homme.

Sélection vernie

Tour d’horizon des coups de coeurs estivaux colorés et vitaminés ou même rafraîchissants. Si, si. Pour l’été, il existe deux styles de colori pour les ongles: les couleurs flashy qui illumine le look et les pastels qui accentue le bronzage.

1. Les flashy

  • rouges – Pour commencer, un rouge brillant parfait si on a peur que le carmin fasse trop « dame », OPI – ‘Go with the lava flow’ (Hawaii édition). Dans les même tons, mais sans les paillettes, le corail ‘Prepp’Hibiscus’ de Bourjois fait parfaitement le job!
  • violets – Le ‘Boxer shorts’ d’Essie est un violet parfait pour des vacances en Provence (oui, c’est la couleur de la lavande) avec une couvrance très bonne et une couleur que l’on ne voit pas souvent au bout des doigts, mais qui fait de l’effet. Pour une couleur plus foncée, on retourne vers la collection Hawaii d’OPI et la teinte ‘lost my bikini in Molokini’.
  • orangés – ‘A woman’s prague-ative’ d’OPI est un orange très pailleté qui s’accorde très bien aux peaux bronzées. Il nécessite plusieurs couches, ce qui le rend malheureusement plutôt difficile à enlever, mais la teinte est superbe (surtout sur les pieds), on lui pardonne. Sinon, pour plus de facilité d’application, il existe un magnifique mordoré avec pleins de reflets chauds chez Mavala, ‘Organdi’.

2. Les couleurs qui font ressortir le bronzage

  • verts – Pour du très pastel, ‘That’s hula-rious’ d’OPI, pour du vert plus soutenu et frais ‘Pistacchio’ de Mavala, et si on préfère le vert d’eau, c’est du côté de Peggy Sage que j’ai mon préféré avec ‘Minty Cream’. Ces teintes font sensation à tous les coups!
  • bleu – De loin pas la couleur que je porte le plus souvent, mais s’il ne devait en avoir qu’un ce serait un Essie: ‘Rock the boat’, car tout est bon dans ce flacon. Nuance claire, contenant des paillettes discrète, application facile et un pinceau Essie, qui simplifie le tout.
  • roses – Un rose pâle, mais pas poudré avec ‘Lucky Lucky Lavender’ d’OPI. Il est laiteux ce qu’il faut, mais ne fait pas fi-fille. Pour une couleur plus bonbon et plus claire, on se tourne vers Essie et son ’55 Powder punch pink’, qui nécessite pas mal de couches pour un résultat convenable (mais toujours avec un pinceau topissime).
  • blanc – LA couleur de l’été pour faire ressortir les teints hâlés: mon chouchou serait ’03 sheers to you’ d’Essie, légèrement pailleté et translucide. Si on préfère une nuance plus intense, ‘Marshmallow’ d’Essie ou ‘Frenchi likes to kiss’ d’OPI (collection pour le 40ème anniversaire du film Grease!!!).

A lire aussi : Manucures pour l’hiver

Médias : Lectures qui rythment le quotidien

La lecture est une de mes passions. Il n’existe pas un jour où je ne lis pas. La plupart du temps, ce sont des articles – divers et variés – que je dévores. Voici une sélection des plus fréquents.

Cuisine :

  • J’adore lire les recettes de cuisine de Tommaso Melilli, chef franco-italien, qui propose toujours des idées originales, faciles, de saison et qui donnent affreusement envie. En plus de la marche à suivre, il y a toujours des anecdotes sympas qu’il raconte dans ses textes. Chaque article paraissait le vendredi et j’étais chaque semaine impatiente de découvrir son plat. Depuis la fin de la série « Spaghettis wars », ses articles sortent aléatoirement mais c’est toujours une bonne surprise d’en découvrir un nouveau !
  • Je reçois la newsletter du NewYorkTimes et elle est géniale ! Toutes les idées sont cool et différentes de ce que l’on a l’habitude de voir en Europe. Je déplore juste la grande quantité de féculents, il est parfois pas facile de trouver une recette qui n’en contienne pas…mais c’est une belle source d’inspiration pour des idées nouvelles et pas trop compliquées et leur compte Instagram est vraiment top.
  • Food52 est un webzine qui parle lifestyle et notamment beaucoup de nourriture et de cuisine. Une de ses rubriques est géniale, car l’auteure teste toutes les manières possibles de cuisiner un ingrédient (par exemple,  cuire des blancs de poulet, frire un œuf ou réaliser une purée de pommes-de-terre). Les articles d’Ella Quittner sont presque des rapports scientifiques où elle explique ses techniques, ses résultats et les compare. En plus de donner des informations utiles, ces textes sont drôles tout comme les photos détaillant chaque manière de faire.

Relations : 

  • C’est la newsletter-star du NYT : Modern love, ou le courrier du cœur à la sauce 21ème siècle. On y parle de tout type de relations : amoureuses, amitiés, parents-enfants, fraternelles, épistolaires, virtuelle, animalière, etc… Il y a aussi une rubrique mariage avec des histoires de couples hors du commun et foultitude d’articles qui conseillent ou mettent en lumière des enjeux de la vie de tous les jours. Le succès est tel qu’une série tirée de toutes ces histoires a même vu le jour ! D’autres reportages sont également disponibles dont le témoignage d’une créatrice de robes de mariée qui explique comment elle a chois la sienne 😉

Actu :

  • Les newsletters d’Heidi.news. J’adore et puisqu’elles sont envoyées de différentes villes du monde, elles permettent de découvrir des médias méconnus ou des sujets lointains. C’est un réel bon petit tour d’horizon matinal pour savoir ce qui se passe de par la planète.

Pop-culture :

  • Slate.fr propose plusieurs chroniques hebdomadaires qui traitent de pop-culture. Il y a celle sur les séries (cultes, mais aussi TOUTES les nouveautés). C’est fou ce que les deux auteures connaissent sur quasiment tous les épisodes de toutes les séries. Une autre résume les épisodes de Top Chef sur M6, avec pleins de gifs pour illustrer les événements marquants de la soirée.

Chroniques : 

  • La vie à 25 ans, le Temps – Cette chronique sort le mercredi, une semaine sur deux, et je suis toujours impatiente lorsque c’est sa semaine de sortie, car elle me rappelle toujours des souvenirs de mon enfance/adolescence/trois derniers jours. Parfois, suivant l’actu, je me surprend à avoir eu une réaction similaire à la chroniqueuse. C’est drôle, frais, avec pleins de références aux 90’s et 00’s.
  • Au bout du lac, le Temps – C’est la chronique d’Alexis Favre, le producteur de l’émission Infrarouge. Il écrit très bien, sur des sujets d’actu, avec beaucoup de pertinence et un peu d’humour. C’est court, vivant, intéressant tout en laissant place à la réflexion personnelle. Tous les vendredis dans le quotidien.
  • Sophie Fontanel dans le Nouvel Obs – Elle chronique sur la mode de manière pertinente, malicieuse et experte. Chaque texte est un petit bonbon lucide sur un monde futile, mais ô combien mystérieux et passionnant. Qu’elle témoigne de la fin du magasin Barney’s à New York avec tristesse et sans fard ou qu’elle liste ses envies de fin de confinement, le ton est juste, sérieux, subtile, drôle et terriblement d’actualité.

Blogs :

  • Mango&salt – Envie de vintage, de plantes, de recettes saines et d’écologie ? C’est par ici ! Le tout accompagné d’idées de lectures, de podcast et de films/séries.
  • What Olivia Did – La britannique nous emmène dans son univers fait de mode, de lectures, de voyages et de bons plans. Mention spéciale à ses articles sur la préparation de son mariage ! et ses playlists pour tous les moments de la vie.
  • New Darlings – Un blog écrit à quatre mains (les auteurs sont un couple) sur différentes thématiques : décoration d’intérieur, écologie, beauté, maternité…le tout avec de superbes photos aux teintes chaleureuses (normal, ils vivent en Arizona)
  • L’occhio di Lucie – Ici sont compilées les anecdotes et les recettes d’une française qui vit en Italie. C’est tout simplement dépaysant et permet une réflexion sur les différences culturelles avec nos voisins.
  • Mode and the city – Fan de looks preppy, de couleurs automnales, de Noël et de clean beauty, alors il faut se rendre sur ce blog. Mention spéciale aux articles concernant l’organisation de mariage; c’est exactement tout ce que j’ai sur mon moodboard!

Podcast Love

Quand la lecture prend trop d’énergie, on peut faire travailler ses oreilles. C’est aussi agréable lorsque l’on est occupé, mais pas forcément très concentré. Bref, une nouvelle manière d’écouter la radio. 

La Poudre (Nouvelles Ecoutes) – Les entretiens menés par Lauren Bastide (que j’avais découverte au Grand Journal) font la part belle aux interlocutrices qui échangent sur leur vision de la société et leur domaine d’activité. La conversation est enregistrée depuis une chambre d’hôtel, ce qui donne une vraie ambiance intimiste. Ces conversations se révèlent drôles, touchantes, poignantes ou révoltantes, mais elles sont toujours bienveillantes et instructives. Le format est bon, car la conversation a vraiment le temps de se mettre en place et de se développer la thématique sans être frustrante à cause des limites temporelles. Episodes préférés : Leila Slimani, Sophie Fontanel, Inna Modja, Imany, …

Brise-Glace (Le Temps) – Le postulat de départ est alléchant : demander aux gens ce que l’on n’ose pas leur demander. Pendant une trentaine de minutes, la personne interrogée s’exprime sur un sujet qu’elle a vécu, quasiment sans interruption de la journaliste, ce qui rend l’écoute plus intime. On y parle de sujets peu abordés mais pourtant du quotidien, parfois tabous, mais sans pathos, au contraire. Les interlocuteurs sont passionnants et racontent leur vie avec pudeur. Episodes préférés : La femme au foyer, Le monsieur en EMS, La parentalité, Les proches aidants, et tous les autres !

Boomerang (France Inter) – Boomerang est une vraie émission de radio, mais son format interpelle pour le service public. Une trentaine de minutes d’entretien avec un acteur du monde culturel français ou international. Comédiens, stylistes, musiciens, artistes entre autres se succèdent au micro d’Augustin Trapenard (également découvert dans le Grand Journal) et répondent à ses questions qui mélangent philosophie, réflexions personnelles et actualités, toujours de manière habile. L’introduction de l’invité est toujours d’une grande qualité. Episodes préférés : Chimamanda Ngozie Adichie, Mona Chollet, Stéphane Eicher, Isabelle Marant, Simon Porte Jacquemus, Sophie Fontanel, Michel Pastoureau, Alison Wheeler …

David Tennant does a podcast with…  – Pourquoi écouter ce podcast? 1) Pour David Tennant, génial acteur écossais qui a joué aussi bien du Shakespear que dans Harry Potter ou Doctor Who, 2) pour son accent incroyable, 3) pour découvrir un peu mieux l’univers du cinéma et du théâtre, mais pas seulement (Gordon Brown, ancien Premier Ministre a été invité). Grâce à ses conversations et à leurs nombreuses digressions, on améliore rapidement sa compréhension orale de l’anglais et le ton est totalement britannique et sympa. Ça nous change. Épisodes préférés : Olivia Coleman (avec qui il a joué dans Broadchurch), «Everyone» (extra-edition).

Ecosse Toujours – «Jeter les clichés au fond d’un Loch», voici le postulat de ce podcast qui aborde différentes facettes du pays, de la nourriture au Brexit, en passant par les us et coutumes, la météo, l’histoire ou les personnalités qui façonnent l’Ecosse. C’est instructif, drôle, passionnant et permet de voyager avec les oreilles. Episodes préférés : celui dans une cuisine autour d’un repas typique! Miam! Et celui sur les langues gaéliques.

Vlan! – Ce podcast proposé par Grégory Pouy. Il traite à chaque semaine d’une problématique sociétale actuelle avec un expert  (chercheurs, anthropologues, journalistes, marketers…) pour réfléchir sur le thème choisi. Si les thèmes peuvent parfois sembler pointus, les discussions ne le sont pas tant et on se plonge facilement dans l’échange. Certains épisodes sont proposés en anglais. Episode préféré : la culpabilisation écologique.

Dior Talks – L’annonce a été faite après la Fashion Week : la maison de couture dirigée par Maria Grazia Chiuri lance son podcast. Une première. L’objectif est d’inviter des designers, des artistes ou des collaborateurs afin de parler de sujets sociétaux et d’art. Disponibles sur le site de Dior, les épisodes durent une trentaine de minutes, un bon format. Pour le moment, ce sont des femmes qui ont été invitées et elles parlent de leurs expériences dans la société, mais aussi dans le monde artistique, leurs inspirations, leur voix, leurs décisions… Épisode préféré : le premier, avec Maria Grazia Chiuri dans les Jardins du Luxembourg, puis dans son bureau. Hâte de découvrir la suite!

Plus bio la vie – Un podcast de Slate.fr qui fait la part belle à l’écologie pour évoquer des idées et des solutions pour consommer mieux et plus intelligemment. Le format est court (une vingtaine de minutes), facile à écouter pour nous donner envie de faire des efforts pour notre environnement. Épisode préféré : le zéro-déchet, les clés pour y arriver, avec pleins d’astuces pratiques pour ceux qui n’osaient pas se lancer…et pleins d’épisodes vont sûrement encore sortir, donc on se réjouit !

A poêle! – Fan de gastronomie? Voici un podcast qui donne faim! Il donne surtout la parole à des chef-fes qui ont tous pleins de choses à raconter à propos de leur métier-passion. On y apprend d’ailleurs beaucoup sur leur parcours respectifs pas toujours linéaires… en plus, les établissements de chacun sont répertoriés s’il nous prenait l’envie d’aller goûter pour de vrai à leurs plats. Et les quelques épisodes bonus sont à apprécier comme des bonbons. Episodes préféré: Juan Arbalaez, Michel Sarran, Refugee food festival…

Un semestre de musique – 1/2020

Revue des meilleures chansons sorties en ce début d’année.

Tame Impala, « Lost in Yesterday » : Après avoir dansé sans fin sur le titre solaire, Borderline, c’est cette chanson qui a retenu toute mon attention sur ce nouvel album, que certains ont trouvé trop monotone (voir un peu brouillon). Lost in Yesterday sort clairement du lot, grâce à son rythme de basse sautillant, ses claviers vintage, son refrain entêtant, ses paroles positives (Eventually terrible memories turn into great ones), ses instrumentations futuristes et cette voix lumineuse toujours agréable pour accompagner un verre en fin de journée. Et le clip semble sortir tout droit de l’univers surréaliste seventies des dernières collections Gucci…ou un film de Wes Anderson! A ajouter à sa playlist d’été sans se poser aucune question !

The Strokes, « Brooklyn bridge to chorus » : Après une longue attente, le groupe de Julian Casablancas est de retour. Il a égrené les titres inédits (« At the door », avec ces mélodies rappelant des orgues oniriques voire presque sacrées / « Bad decision », hymne rock vintage qui alterne entre voix lancinante et sursauts de guitare) tout au long de l’hiver jusqu’à la sortie officielle de l’album, le 10 avril. On reconnaît bien la pâte du combo, qui oscille toujours entre rock intergalactique et pop minutieuse. « Brooklyn bridge to chorus » offre un air dansant qui fait délicieusement penser aux années 50-60’s, bien sûr, accompagné de la touche des Strokes !

Greg Dulli, « It falls apart » : Totale découverte pour cet américain à la carrière longue et prolifique (The Afghan Whigs,  The Twilight Singers)! Avec une introduction planante et hypnotisante rappelant Death Cab for Cutie, le musicien pose les bases d’une chanson magnifiée par sa voix rauque. Les mélodies de claviers, le rythme de la batterie, les chœurs discrets, tout est précis, répétitif et enveloppant. On oscille entre le blues, Peter Gabriel, Thom York, émotions à fleur de peau et grain de voix unique. Les paroles sont totalement raccord avec ce que le morceau dégage (I feel the night, Surround, Enveloping without a sound, It comes around to gather me, And falls apart to let me go, Like a wave upon the sea). Le reste de Radom Desire est dans la même veine. Gros coup de cœur !

Mighty Oaks, « Forget tomorrow » : Let’s forget tomorrow, just for a day…c’est ce mantra positif et ensoleillé qui donne le ton du refrain et de tout le morceau. Le groupe offre une chanson folk rythmée et mélodique qui regroupe habilement guitare acoustique, envolées lyriques, percussions, claviers et basses dans un résultat qui donne une profondeur et une ambiance propre au morceau. Il reste d’ailleurs facilement en tête. A écouter en boucle jusqu’à ce que les soirées se terminent tard autour d’un feu de camp…

The Killers, « Caution » : Avec un dernier album paru en 2017, ce nouvel opus est une surprise. Le premier single « Caution »reprend les codes propres au groupe : une introduction mystérieuse et planante, des claviers intergalactiques, des percussions à contretemps, des riffs énervés avec un bridge très pop qui fera sensation en concert et la sensation de se retrouver au milieu d’un désert aride au crépuscule. Et la voix de Brandon Flower, avec ces variations entre les graves et les aigus, ces trémolos et sa scansion reconnaissables, mais toujours plaisants. Une bonne entrée en matière en attendant l’album prévu pour le 27 mai.

Gregory Porter, « Revival » : Une voix puissante, des cuivres, de la soul, un refrain entêtant, une envie de se déhancher grâce à un rythme mécanique ; ce morceau a tout pour me plaire. Dès la première écoute, j’ai su qu’il ferait partie de cet article. Un très bon single pour se plonger dans un univers aux croisements entre Rag’n’bone Man, Jacob Banks ou George Ezra. Avec un côté vintage en plus. Parfait si on souhaite siroter un gin…

Dotan, « Bleeding Soul »: Attention, chanson triste et mélancolique, mais tellement belle ! La mélodie et les arrangements sont tellement subtiles que tout semble très fragile. Tout est parfaitement à sa place, chaque note complète magnifiquement l’ensemble, comme la voix qui atteint les aigues de manière douce, le piano ou les cordes qui l’accompagnent. C’est un morceau parfait pour retrouver un peu de calme, à regarder la pluie derrière une vitre avec un plaid sur les épaules. Bref, un pur moment de tendresse, mais qui prolonge la saison hivernale.

John Legend, “Conversations in the dark”: Si on recherche du romantisme, cette chanson s’ajoute à toutes celles du chanteur dans le domaine, mais cette fois-ci j’ai été enchantée par le côté accoustique de la mélodie. Le piano accompagne la voix en montant graduellement en intensité, puis se fait accompagner de guitare et des cordes qui augmentent encore la tension. La percussion ne rejoint l’ensemble qu’au dernier tiers du morceau. La chanson raconte réellement une histoire et nous enveloppe. Découverte grâce à This is Us, la version audio est vraiment top.

Flawes, “Look no further” : On pourrait mixer The XX et Imagine Dragons et cela donnerai quelque chose comme Flawes. Le jeune groupe d’indi-pop-rock reprend les codes du genre, en mieux. La batterie qui rythme tout du long, les chœurs, le refrain efficace, les sonorités électroniques (légères), l’émotion…c’est le style de chansons qui pourrait faire partie de la bande-son d’une série de notre adolescence. Mais en actuel. Leur premier album mélange habillement sonorités hip-hop, électroniques, gospel et toujours du rock, efficace.

Noel Gallagher’s High Flying Birds, « Come on outside » : L’ex-membre d’Oasis continue son bonhomme de chemin avec son projet solo. Après de nouvelles chansons sorties en automne passé, un EP est sorti en mars. Une chanson sort du lot, il s’agit de « Come on outside », parce qu’elle fait penser à « The dying of the light », avec un refrain lyrique, des chœurs et une mélodie prenante qui marque. On y retrouve aussi tous les petits éléments sonores propres à Noel Gallagher.

The Animen, « Modern nostalgia » : Il me fallait mettre au moins un morceau Suisse et c’est un titre genevois que j’ajoute à cette liste ! Les Animen ont sorti un nouvel album en mars et on retrouve avec plaisir leur son sixties brûlé par le soleil. Ce que j’aime par-dessus tout dans leur style sont cette voix particulière (mix entre Jake Bugg, Oasis, Miles Kane, …), leur construction de morceau qui ne suit jamais le même schéma et le fait qu’ils donnent envie de sautiller en rythme avec les percussions. Cette chanson marque grâce à cette mélodie de vibraphone (?), reprise par d’autres instruments tout le long du morceau et que l’on finit par fredonner facilement. Le morceau « From the get-go » est aussi un bon moment à passer, si jamais !

Aliocha, « The Party » : Envie de légèreté, de douceur, de pop mélodieuse, d’ambiance de fête foraine ? Aliocha est l’artiste qu’il vous faut. Son deuxième album, Naked, est une pépite pour qui apprécie observer l’éveil de la nature au son des pianos, xylophones, orgues ou claviers 80’s, le tout rehaussé d’une voix nonchalante mais enveloppante.

Un album : Dua Lipa, Future Nostalgia – Une surprise de plus dans ma discographie…est-ce le confinement ou le début de printemps qui a chamboulé mes habitudes musicales ? Quoi qu’il en soit, j’ai été séduite par cet album aux sonorités dansantes, funk, rétro (hello 80’s !) et qui fait du bien. On a envie de danser, de se déhancher et même de faire des exercices pour bouger un maximum ! Franchement, ces chansons me motivent pour me mouvoir durant la journée et pour danser en soirée, à défaut de pouvoir sortir. En plus, il y a plusieurs petits clins d’œil à d’autres chansons mythiques (« Physical » d’Olivia Newton-John, ou « I need you tonight » d’INXS, il y a des réminiscences des Spice Girls ou de Madonna) et on découvre grâce à pleins d’allitérations qui donnent du relief une chanteuse avec un grain de voix intéressant et une palette large. Concernant les textes, surprise aussi avec des évocations d’ex, bien sûr, mais aussi de thème comme le féminisme (« Boys will be boys »), la confiance en soi ou l’émancipation. S’il ne fallait retenir qu’une seule chanson ? « Hallucinate », hymne pop hypnotisant qui sonne très eigties. 

Dentifrices solides : review

La démarche zéro-déchet continue, surtout dans la salle de bain. Petit constat sur différents dentifrices sans tube.

Limiter le plastique et le papier, la multitude de produits de beauté et les emballages inutiles étaient des premiers pas pour une consommation plus durable. J’avais très envie de savoir comment modifier ma consommation de dentifrice afin de limiter les tubes sans pour autant négliger l’hygiène bucco-dentaire (qui reste primordiale). Alors j’ai décidé d’en tester plusieurs afin de comparer, de me faire une idée et de voir si on pouvait sauter le pas.

Ethifrice de Lush : De petites pastilles de plusieurs couleurs et saveurs dans un petit flacon en plastique (mais que l’on peut ramener à la boutique). Il suffit d’en croquer une et la poudre va mousser après passage de la brosse à dents mouillée (une demi-pastille est suffisante pour moi, car le dentifrice mousse beaucoup). J’ai testé la version au charbon végétal (Boom) et la triple-menthe (Miles of smiles) qui laissent une vraie impression de propre sur les dents. Pour le Boom, la vendeuse m’avait informée que le produit est éclaircissant, mais je n’ai pas remarqué de différence.

Le + : Mousse bien, nettoie bien et facile d’utilisation. Avec une demi-pastille, on peut faire durer deux fois plus longtemps le flacon (qui contient environ 100 pastilles).

Le – : le flacon en plastique (à rapporter en magasin).

Candy Cane, Jellyfrice de Lush : Cette gelée nettoyante était une édition limitée pour Noël et, d’où son nom, a un goût de bonbon que je n’apprécie pas (d’autres oui). Néanmoins, elle mousse bien et laisse une agréable sensation mentholée après rinçage. La gelée croche bien à la brosse à dent mouillée, bien qu’il soit difficile de savoir quelle quantité est recommandée pour un lavage efficace.

Le + : La consistance assez ludique et la facilité d’utilisation. Le goût de menthe après le lavage est sympa.

Le – : Le goût (mais on s’y fait).

Dentifrice solide de Lamazoola : C’est le dentifrice solide dont tout le monde parle et dit du bien. L’emballage carton est joli et se recycle, tout comme le bâton sur lequel il repose. Malgré un suivi des instructions, le produit mousse peu et il est difficile de savoir si le nettoyage est suffisant ou non. J’ai tendance à frotter ma brosse à dent plusieurs fois pendant le brossage pour ajouter de la matière. À cette vitesse, il sera bientôt terminé.

Le + : Vegan, cruelty-free, fabriqué en France, ce dentifrice est vraiment zéro-déchet.

Le – : Difficile de mesurer son action. Peu de goût (malgré le choix de celui à la menthe) et pas de mousse. Déception…

Dentipoudre de Le Jardin de Denise : C’est un dentifrice sous forme de poudre dans laquelle plonger sa brosse à dents mouillée. Il est emballé dans une petite boîte que l’on peut faire remplir. Le goût de menthe est présent, mais pas trop, le produit mousse selon la quantité utilisée et laisse une impression de fraîcheur.

Le + : Facilité d’utilisation et rechargeable.

Le – : Difficile de doser ce que l’on met sur la brosse à dents, donc s’utilise rapidement.

Le bicarbonate de soude : Peut-être le produit le plus connu, mais attention, très décapant donc une utilisation par mois permet un bon nettoyage en profondeur, mais il ne faut pas en abuser.

Le + : se trouve facilement

Le – : est décapant, ne peut s’utiliser comme seul dentifrice.